21/07/2012

TREMBLANTE VIE

 

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ronde ou aimant

tapis  délicat 

chancelant

 

attirance  filin fragile plus fort

pourtant  que l’amplitude

d’une voix  pure

 

et tu frémis et tu résonnes

tu tends les bras  tu veux saisir

ce qui se ferme  qui s’échappe

 

voilà

 

tout glisse

ta main se blesse et tu te noies

tu vas saigner à retenir  le ruban vert

de l’espérance

 

de ta paume

comme un liquide tout s’écoule

va disparaître sous les cailloux

l’eau se cache encore  

tu sais  qu’elle est le temps qu’elle t’emporte

vers un mascaret implacable

 

jour après jour 

chaque seconde vide tes mains de ces chimères

erreurs de ces  sentiers tracés

point par point

par la lame  froide d’une douleur trop tôt  creusée

et qui te noie dans  une mer

une mère d’incertitude

 

Comme une femme de marin

trempée dans sa robe trop vague

tu restes droite sur le sable

à t’enfoncer dans les chimères  des lendemains

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24/04/2012

SI ...les feuilles...

 

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Si l’automne est tombée

 

accompagne les feuilles  qui meurent doucement

 

si l’air glacé parfois blesse  l’âme

étourdi vient  griffer la plaie

qu’on croyait refermée

 

si le regard de l’ange

cache sous ses paupières

son absence de larmes

 

 

08:34 Publié dans reflets | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : poesie litterature

08/09/2011

Peut être...

C’est peut être  pour toi aussi

Et pour toi juché sur ce banc

 

On espère

on y croit

…souvent

 

Et à force on perd l’équilibre

 

L’espérance  d’éternel

été

Oui …

qui serait 

 

Peut être que les chats seulement

ont tant raison de ronronner

 

Qu’en eux existe une tendresse

à échanger

multiplier

 

Une vérité

un bien être  à

 

S’envoler avec les pattes

sans même une aile  à déployer

 

Parce qu’on serait 

 

si léger 

 

Comme ce cœur en ailes d’ange

Auquel on croyait … on croyait !!!!!!

 

 

 

 

 

 

23:06 Publié dans reflets | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : poesie litterature

17/05/2011

de François Cheng : la beauté

La beauté est quelque chose de virtuellement là, depuis toujours là, un désir qui jaillit de l'intérieur des êtres, ou de l'Etre, telle une fontaine inépuisable qui, plus que figure anonyme et isolée, se manifeste comme présence rayonnante et reliante, laquelle incite à l'acquiescement, à l'interaction, à la transfiguration. 

Relevant de l'être et non de l'avoir, la vraie beauté ne saurait être définie comme moyen ou instrument. Par essence, elle est une manière d'être, un état d'existence 

http://atelierdupoete.unblog.fr/1-versant-litterature/cab...

11/05/2011

OMBRES

 

poesie litterature

 Se retourner   

oui sans doute

prendre un autre chemin

oublier ce paysage

 

il regarde chaque brin d’herbe

la couleur de la terre 

aujourd’hui sombre  sous son regard

 

pourtant  le ciel  éblouissant

la baigne de violence

 

il veut dessiner  aquarelle transparente

un coin de  mémoire

bouffée du passé

mer  douce  sous ses pas

son cœur se serre 

 

respirer  s’ouvrir à tout vent

à la rosée ravir

l’essence de ce dernier matin  

 

avaler  le soleil

le rendre palpable

s’en nourrir à jamais

 

Un  gémissement inaudible envahit sa bouche

 

21/04/2011

Robert Desnos "il était une feuille "

 

Dans un poème, l’homme et le monde sont dans une relation de séparation, de divorce tragique (le monde maternel). L’homme est sorti du monde (traumatisme de la naissance). Le langage fonctionne comme un médiateur, le poème tout entier est une machine qui répare le hiatus homme

 

 

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IL ÉTAIT UNE FEUILLE

 

Il était une feuille avec ses lignes

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de cœur

Il était une branche au bout de la feuille

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de cœur

Il était un arbre au bout de la branche

Un arbre digne de vie

Digne de chance

Digne de cœur

Cœur gravé, percé, transpercé,

Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l’arbre

Racines vignes de vie

Vignes de chance

Vignes de cœur

Au bout des racines il était la terre

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre.

 

 

 

                                                                                                                               

 

Robert DESNOS

                                                                                  Les Portes battantes (1936)

                                               In Fortunes, Gallimard, « Poésies », 1964, p. 134

 

21/02/2010

Quel est le poids de l'ombre

 pas un doigt d’arbre que la neige

n’épuise

viatique d’un désert

où l’immobilité rumine

 

quel est le poids de l’ombre

à qui meurt et comment

dire la rage lente des feuilles

pour déchirer leur pulpe?

 

un pinson fore l’heure blanche

et noire des photos

qu’on prend fouillant l’haleine

les lèvres à même la vitre

 

rousse

la volute quand s’envole

l’oiseau brusque du

mystère :

le mouvement qu’il dévide

étire la béance

entre l’œil et le cœur

 

 

                           florence Noël

 

http://pantarei.hautetfort.com

 

15/02/2010

ELFE

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Le poème est un elfe

sorti je ne sais d'où

il  déambule griffe ta gorge

 

Après avoir fouillé  au plus  profond d'histoires englouties

parfois il te caresse et parfois il te gifle

 

tu tombes anéanti

il ne te quitte pas

alors tu te relèves

et pour ne pas mourir

tu hurles

tu réponds

 

va laisse envoler ta colère

sur un papier baigné de larmes

ou d'escarbilles

 

la tempête de pierres bientôt va se calmer

 

plus tard,

bien plus tard

l'elfe  va revenir

lui le savait

que tu devais hurler

cracher, salir

pour pouvoir  ouvrir  les yeux

apprendre à écouter l'oiseau ou la cigale

 

savoir que  le soleil soyeux comme une femme

caresse les cheveux

fait écho du message

de ceux qui se promènent  là haut

ou dans tes rêves

 

16:26 Publié dans reflets | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : poesie litterature

30/11/2009

Bouffées d'antan

 

Imagine en toi

cette  lande

perméable à l'écho

entends ces  lyres anciennes

ces voix lointaines

 

Tes paupières closes

abritent des ombres

moines  sans doute :

un chant grégorien se  murmure.

 

Ce  peintre flamand

ou vénitien

Qu'en sais tu

 

et quelle importance

 

y a laissé des traces de tempera.

chair de vierges aux yeux baissés

sur un enfant en offertoire

toute soie bleue.

 

sur ce recoin plus caché

presque effacé

un animal de préhistoire.

 

11:58 Publié dans reflets | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : poesie litterature

27/11/2009

La terre est ronde

Vers le Gulf Stream un albatros

blanc,  grandiose en l'aigue-marine

se pose  pesant

tout boiteux balourd sans grâce  

 

Là-bas sur l'eau un marin triste

petit point noir

bat d'une  aile à contre-courant

se croit perdu .

 

Vogue un trois mâts

le vent pousse  les toiles pures

gonflées d'orgueil

il murmure un chant de sirène .

 

Sur  la plage qui les regarde ?

juste un enfant

 

(Faut-il se laisser emporter

par les tempêtes ou par la brise ?

s'envoler au plus haut des cieux

ou avancer  prendre la mer et s'y noyer ?)

 

Il rit

du bout d'un pied rageur

lance un ballon .

 

«  La terre est ronde tu sais papa

tout comme ça « 

 

Et j'ai bien du chemin à faire . 

 

 

16:45 Publié dans reflets | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : poesie litterature

14/11/2009

A cloche-cliché

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Deux lumières douces
l'une mauve l'autre pourpre
deux couleurs sucrées


un  bleu  obscur  en contraste
pour les souligner

nos  ombres  dans le miroir
viens t'asseoir  attarder
ton  regard de porcelaine
pas loin de la cheminée


j'aime ton  pull blanc de laine

 

         ***

Folie

 je l'ai inventée 

 
cette histoire à grignoter
sur un ton  de promenade

les cimetières parfois
ont tant de bouquets blancs
sur le gris des marbres  

objectifs ensoleillés.
chemins verts j'ai capturés  
pour aller comme ça
tout comme toi

à cloche-cliché

 

 

18:38 Publié dans reflets | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : poesie litterature