01.11.2009

Le coeur de la terre

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Je regarde l'érable

enflammé pour l'automne

purifier la transparence du bleu

 

Et je pense au grand feu

au grand feu qui  se cache en nous

et…

sous nos pas …

 

Nous n'entendrons jamais

le grondement

qui ceinture la terre multicolore

verte des forêts calmes

jaune des sables

et de

tout ce gris  des villes

 

Comme clins d'œil à la fournaise

nous avons même ajouté   lampes et néons

 

Pourtant

 

vivant,

frémissant  bat un cœur

 

comme une orange

 

en secret

 

un cœur immense

 

invisible et oublié 

 

Il se sent  étouffé  

comme le notre en certains jours  il bouscule alors

tout autour de lui

dans un soupir immense

 

et aveugle

 

sa respiration  déchire  un passage 

libére  ses larmes incandescentes

 

ses laves  brûlantes

 

incendiaires

 

Il ne

 

Sait pas qu'il tue

 

il faut bien qu'il

 

Vive …

 

 

 

 

 

 

 

dans les erreurs du vent

Le violon grince 

parfois

dans un fouillis de notes

quand un enfant  s’essaie 

à caresser les cordes

d’un archet maladroit

 

les crins qui s’échappent

se balancent

 

trop légers trop fragiles

 

il faudra bien arriver

à ce que le métronome

 

nomme

tout ce qui crie trop fort

fait

     hurler les

                  dissonances

 

il faudra bien

apprendre dans les erreurs du vent

 

 

26.10.2009

Note grave

 

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Me reste toujours cette brume

lourde  aux paupières

 

et ta silhouette 

 

lointaine

 

Tu  voudrais  devenir une ombre

 

J'entends cette pensée secrète

ce murmure  dans mon  brouillard

d'imaginaire  et d'incertain

 

Que mon oreille s'assourdissse

que mon tympan soit de velours

 

la cloche  d'une note  grave

me martèle 

comme un tocsin

 

réveille l' oiseau endormi

 

tu sais

   

celui qui

 

        s'était cassé l'aile hier

 

et que tu avais recueilli … 

 

 

perle d'enfance

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"Dès qu'il poussait une porte une nouvelle vie commencait pour lui."

 

Henri Michaux

 

Cette nuit

j'ai avancé la main

hésitante

 

effrayée  peut être

 

il fallait  enfoncer les portes  lointaines

 

J'ai senti le froid métallique  du gris  des nuages

mon doigt a pénétré

insisté

jusqu'à  frôler la première goutte de pluie

 

Elle tremblait comme une larme

m'a raconté en tombant sur  la pierre

 

qu'elle avait été ma première tristesse

 

Elle  était douce

ténue

                  solidifiée

perle d'enfance

 

                        pierre   oubliée

 

Quand j'ai refermé la porte

Je crois que ma maison a secoué sa vie

 

06.08.2009

Les vagues

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Les vagues

pures de passion 

emporteront–elles  bien  loin

tous ces détritus sur la plage?

Et le sable

aura-t-il ces rides  qui me rendent parfois  ton front

 

Le vent

me rendra-t-il ta voix

et cet étang 

où je lavais toutes mes peines

 

Cet arbre

enfante-t-il en lui

le cœur des nœuds de cette table 

où j'apaisais mes solitudes

 

Le ciel s'est éteint aujourd'hui

Il est peut être bleu pour toi ?

 

Je ne pense qu'à ce tableau

que tu regardes chaque jour

 

La mer des larmes 

 

 

19.07.2009

Intrusion

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Je chausserai mes espadrilles de sept lieues

Aucun bruit pour ouvrir 

le portail  qui grince  à ton mystère

 

Je déchirerai toiles et poussières

chasserai le plus minuscule moucheron

ferai taire

la guêpe 

…et le corbeau 

 

J'ordonnerai à l'ouragan 

de souffler

sur les cumulus

abandonnés  par les derniers orages

 

Grande ouverte la baie

appellera l'aurore

une lumière  douce 

sur un bourgeon tout neuf

attirera  l'oiseau sur  cette branche basse

 

et tu voudras l'atteindre

 

IL  t'accompagnera 

 

 fugue de tes silences

05.07.2009

contre-nuit

 

L’ombre danse.   Il n’y a plus rien

Que le vent qui s’élance

                             Pierre Reverdy

 

 

  Branches nues dans les flaques

un insecte effrayé se terre

pourtant

les parfums de la nuit grisent la vie de leur mystère

 

Un pas résonne

l’amant  rejoint une fille de rue

en fredonnant

 

Claque un volet

dans une fugue  avec la bise

la pluie  siffle une mélodie

fuite des feuilles  et percussions

 

clin d’œil

de la lune  qui danse  

Minuit

 

 

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24.05.2009

Saveur d'été

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Tu ne trouveras sur l'arbre

aucune pêche sans noyau

En tes murmures

aucun ombrage sans racines

 

Ton souffle froisse le souvenir

comme la pluie le papier déchiré

Ta main avance  comme l'insecte

sur la feuille nue

frémissante

 

Faire crisser toutes les plaies

pour que naisse une autre musique

que le sang devienne fruit mûr

nourriture pour une peau morte

à arracher

Que batte enfin  ce  souffle bleu

étendue vierge  

pour un nuage à la racine d'un midi

saveur végétale

dorée

 


 

 

22.04.2009

Vibrato

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Faire taire la nuit et les sources profondes

pour mieux voir les oiseaux

entendre leur discours

 

Que nos cheveux au vent rafraîchissent nos joues

 

S'en aller puiser l'eau à la source naissante

conduire le ruisseau vers les yeux enflammés

attendre que les feuilles frissonnent d'allégresse

qu'un bruissement s'exhale en couvrant de musique

le bruit assourdissant de monnaies ricanantes

 

Inventer un violon

apprendre à caresser les cordes

un cœur de pacotille au bout des doigts

aimer  en sublimer le cri

en mosaïque  d’incarnats

 

Se laisser glisser jusqu’à

la note sensible

 

Attacher son regard au vibrato

 

 

14.03.2009

Vie... silence . Vis

 

 

L'infini secret

n'est  jamais que bruit  de  vie

de chaîne brisée

nous sommes la porte du silence qui mène au silence

 

La trouer cette nuit

L' enfoncer cette  porte

que coule la source  

parole

qui se tait en clapotis

 

Là,

quelques débris  comme des papiers déchirés

blancs dans la nuit.

 

Les faire envoler

ce sera la mort de la mort

Etendue ou champ

la page deviendra bouche du réel

battement du regard

Le silence s'ouvre à l'instant pour lui donner vie

 

Le souffle,  cet  air,

respiration du vide regarde , immobile

sa source est inaudible

Tendre le coeur pour l'entendre

 

Du  prélude à la fin est un cercle de silence  

La vie naît  sans bruit 

pesanteur  d'une  présence  plus bavarde que tu ne crois

Dans les abysses nourries  de souvenirs, d'habitudes

on entend des images  on voit des portées

 

Ferme  les yeux pour un périple

cueille des  éclats de bing bang

Deviens  univers  porteur de mots

tu les empiles  et d'autres les empilent

Jusqu'à  frôler la première syllabe  de l'avenir

 

 

 

 

un second pour ce soir...  trac(;-)

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