08.12.2009

Dires de fourmi

Dires de fourmi

 

Insecte minuscule

j'entendais les eaux pures renvoyer des échos

était-ce chant de femme ?

 

 

Une voix éraillée au tréfonds d'une tombe

 

D'une mère éplorée

un torrent de ses larmes

 

Une amante esseulée habitée d'espérance

 

Une fée musicienne endormie dans la roche ? 

 

Une  ancienne légende avait marqué la route

ornière étroite

usée

rétrécie par les ans

 

Mais rien jamais ne meurt

 

Chaque poussière est obstacle à franchir

 

 

05.12.2009

bientot l'hiver

 

Terre  virginale en décembre

sous la froideur de ta peau  vibrent

des cœurs de fleurs que le peintre imagine.

 

La neige écrit à pas feutrés

sa trace et sa fragilité

bris de souvenirs de nuages

 

Sous l’  univers de soie immaculée

frémissent les graines  d'avril

l'horloge  compte le temps

dans la maison  endormie au capuchon d'ardoise.

 

J'enflammerais le ciel pour obtenir un clin d'œil du crocus.

 

 

02.12.2009

Sagine

 

J'imagine en pleurs

des gens aux cheveux fous

mains tendues en sens inverse

 

le vent souffle

                                    un mot  

       

                                                n'importe où

 

             et leur vie crie à la renverse

 

entrouvrir leurs doigts

éclairer leurs yeux

comment leur montrer la lumière

 

la sagine claire

du chemin de rencontre

où ils liront qu'ils s'aiment encore

 

30.11.2009

Bouffées d'antan

 

Imagine en toi

cette  lande

perméable à l'écho

entends ces  lyres anciennes

ces voix lointaines

 

Tes paupières closes

abritent des ombres

moines  sans doute :

un chant grégorien se  murmure.

 

Ce  peintre flamand

ou vénitien

Qu'en sais tu

 

et quelle importance

 

y a laissé des traces de tempera.

chair de vierges aux yeux baissés

sur un enfant en offertoire

toute soie bleue.

 

sur ce recoin plus caché

presque effacé

un animal de préhistoire.

 

27.11.2009

La terre est ronde

Vers le Gulf Stream un albatros

blanc,  grandiose en l'aigue-marine

se pose  pesant

tout boiteux balourd sans grâce  

 

Là-bas sur l'eau un marin triste

petit point noir

bat d'une  aile à contre-courant

se croit perdu .

 

Vogue un trois mâts

le vent pousse  les toiles pures

gonflées d'orgueil

il murmure un chant de sirène .

 

Sur  la plage qui les regarde ?

juste un enfant

 

(Faut-il se laisser emporter

par les tempêtes ou par la brise ?

s'envoler au plus haut des cieux

ou avancer  prendre la mer et s'y noyer ?)

 

Il rit

du bout d'un pied rageur

lance un ballon .

 

«  La terre est ronde tu sais papa

tout comme ça « 

 

Et j'ai bien du chemin à faire . 

 

 

26.11.2009

adieu Alexandrin

( écrit pour m'amuser... ) avec un sourire

Entrevu ce matin  l'alexandrin  si triste

Pestant contre Laforgue  en le traitant de traître

Accablé bien  vieilli boitillant sur la piste

Il m'apparut flétri  trop  fané pour  renaître

 

Au pauvre poussiéreux accablé, larme à l'œil

J'aurais voulu donner un siège  confortable

Pour qu'il pleure  furtif auprès du chèvrefeuille

Au parfum persistant léger comme le sable

  

Je n'approuverai pas s'il renifle persifle

Vient encore alourdir  notre siècle pesant

Et mélange nos vers  aux caprices des chiffres

Je ne veux pas compter si j'écris sur l'écran

 

 Que notre inspiration  s'aère en liberté   

Phrasés brefs et concis pour que nul ne transpire

Oublie le dictionnaire ait loisir  de goûter

Aux vers  blancs et légers que le papier  respire

 

 

23.11.2009

Trop de pluie

la pluie fouettait les vitres

 

jour après jour

les flaques se couvraient de feuilles

 

tapis d'or vieilli flottant

comme lui  peut être

dans  les larmes

 

il préférait ne rien voir

se réfugiait dans le sommeil ou

dans un livre

 

Les mots chuchotaient

insectes sombres

sur le silence  machinal

des  pages tournées.

 

au suspendu de son regard  absent     

17.11.2009

L'inventé du vent

 

 

Rideau offert au vent

la pluie 

claquait

battait tout

pour créer l'inverse

que naisse l'inventé

 

il te faut  répétait l'averse

laisser s'étendre, entendre,attendre

qu'un  nuage crève baigne d'un sourire

une envie  une ombre

 

J'ai tout entendu

n'ai rien   laissé

saisie j'ai saisi

tout

 

multiplié

jusqu'à m'essouffler me laisser tomber

sur un banc de mousse

 

j'attendais 

 

envol mes paumes s'ouvraient mains d'enfant gourmandes.

 

 saisir  l'autre main courir sur une île grimper sur un arbre

 

 Enfin courte échelle

de toujours soi ou toujours toi pour

 

de la haut  évaluer 

d'un regard trop grand

 la valeur  de l'herbe tendre,  des violettes ,des nuages ou des anges

je cherchais à travers des doigts de transparence, rares, légers, comme une brise d'été

 

Soudain j'avais faim

 

faim de fruits

 

15.11.2009

Bleu nostalgie (poème simple)

  

Visage  de porcelaine

sur sa tempe palpite  une veine bleue

 

Elle

 robe bleue

 manteau bleu

 rubans bleus 

 

camaïeu  ciel et mer

 

regard bleu

enchâssé au milieu de boucles  de nuit

 

Elle

si sage, si douce

 

nous avions huit ans

 

elle aimait trop le bleu

 

elle nous a quittés

échappée dans la nuit

s'est envolée  vers l'espace

 

pour le voyage 

on l'avait revêtue d'une robe d'ange....

 

Bleu

14.11.2009

A cloche-cliché

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Deux lumières douces
l'une mauve l'autre pourpre
deux couleurs sucrées


un  bleu  obscur  en contraste
pour les souligner

nos  ombres  dans le miroir
viens t'asseoir  attarder
ton  regard de porcelaine
pas loin de la cheminée


j'aime ton  pull blanc de laine

 

         ***

Folie

 je l'ai inventée 

 
cette histoire à grignoter
sur un ton  de promenade

les cimetières parfois
ont tant de bouquets blancs
sur le gris des marbres  

objectifs ensoleillés.
chemins verts j'ai capturés  
pour aller comme ça
tout comme toi

à cloche-cliché

 

 

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