01/11/2011

douceur du trait

 

drawing 10061801.jpg

 

Que cherchais-tu à travers tes doigts de transparence, rares, légers comme  brise d'été . Naissait une valeur d’herbe tendre ton regard agrandi caressait le soleil apprivoisé     (HS)

 

http://annik-reymond.org/03peintures/03peintures.html

un poème de Xavier Bordes qui me touche beaucoup

Très seul, surplombant le bleu de Prusse pâlissant

Jusqu'à se fondre avec l'horizon des îles,

Debout au bord de la falaise, appuyé à l'unique pin,

En moi j'écoute la sève en espérant dans sa circulation

Découvrir la forme chuchotante de la vie

 

Encore une chose impossible à expliquer

Comme si je disais qu'en

Caressant les encolures d'écorce et les crinières vertes des branches

Je touche le galop d'un quadrige immobile

Chaque claquement d'étoiles sur la mer faisant jaillir

Au cirque des échos une gerbe de silence

 

Le char du soleil et le dieu aux boucles rayonnantes

Au-dessus des calanques écarlates

La vague s'y déchire en essayant d'y porter au plus haut ses crachats clairs

Qui se révulsent en crachin d'oiseaux gouailleurs

Fuyant à tire-d'ailes vers l'ouest

 

Brindilles mortes en tapis mêlé d'aiguilles sèches à mes pieds

Jusqu'au bord du vertige auquel s'affronte mon regard

Cils acérés de celle que tu aimes

Les yeux dans les yeux comme si l'on échangeait de la lumière

Celle que tu aimes, la parcelle dorée

Dont s'illumine en toi la fin et le commencement des choses

 

 lien vers son blog  http://xavier.bordes.over-blog.com/

 

19/05/2011

JADIS, NULLE PART ET MAINTENANT

 

un poème de  Raymond MARTIN

 

A l'horizon hypothétique du soldat fourbu. Romain

Ou Herbert peut-être, godillots baillant aux corneilles, crottés

Lassés de cheminements incertains, de la Somme au pays Lorrain,

Se dessine leur destin obscur par le clairon sonné

 

 

L'ondée câline s'annonce sur la pourpre colline

Zébrée par le vol des corbeaux aux becs belliqueux.

Le caracol surpris par la rude fraîcheur se remet en coquille,

Prenant son parti d'espérer en un moment plus heureux.

 

Les entrailles de la terre épuisée ont mauvaise mine.

Trouée de toute part sous les assauts puissants de la cheddite.

Violée sans détour ni vergogne pour qu'elle abandonne son opaline

De son ventre assailli, flétri, et crache ses précieuses pépites.

 

La trappe béante du trou noir, aspirateur cosmique

Piège l'esprit humain constellé de folles utopies

La nature intelligente par essence, réfutant la causalité Déiste

Se suffit à elle-même pour vibrer à l'infini.

 

« Dieu est mort » déclama Nietzche, atteint de lucidité soudaine.

Inutiles sont les massacres d'innocents proférés en son nom.

Maintenant, peut-être, homme, tu vis seul et dois oublier ta peine.

Bénis cette sphère unique et bannis le talion.

 

Jadis et naguère, parallèlement, est-il mort le poète,

Que ses vers  ne circulent plus en nos bouillantes veines

Rabougries et exsangues de mots à la sonie parfaite

Qui résonnaient en un vieux temple antique en l'honneur de Verlaine ?

 

http://plumeetpinceau.blog4ever.com/blog/index-112495.html

 

              peut-être influencée et émue par la cérémonie  en l'honneur des soldats

               disparus en Afghanistan

j’ai eu envie de partager ici  ce poème de force et de sensibilité 

je soulignerai "A l'horizon hypothétique du soldat fourbu"  le destin du soldat joué comme aux dés

et cette strophe "Les entrailles de la terre épuisée...." où même  est évoquée   la terre griffée blessée qui recueillera  le sang des soldats 

17/05/2011

de François Cheng : la beauté

La beauté est quelque chose de virtuellement là, depuis toujours là, un désir qui jaillit de l'intérieur des êtres, ou de l'Etre, telle une fontaine inépuisable qui, plus que figure anonyme et isolée, se manifeste comme présence rayonnante et reliante, laquelle incite à l'acquiescement, à l'interaction, à la transfiguration. 

Relevant de l'être et non de l'avoir, la vraie beauté ne saurait être définie comme moyen ou instrument. Par essence, elle est une manière d'être, un état d'existence 

http://atelierdupoete.unblog.fr/1-versant-litterature/cab...

21/04/2011

Robert Desnos "il était une feuille "

 

Dans un poème, l’homme et le monde sont dans une relation de séparation, de divorce tragique (le monde maternel). L’homme est sorti du monde (traumatisme de la naissance). Le langage fonctionne comme un médiateur, le poème tout entier est une machine qui répare le hiatus homme

 

 

PHOTOS MAMAN 004.JPG

 

IL ÉTAIT UNE FEUILLE

 

Il était une feuille avec ses lignes

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de cœur

Il était une branche au bout de la feuille

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de cœur

Il était un arbre au bout de la branche

Un arbre digne de vie

Digne de chance

Digne de cœur

Cœur gravé, percé, transpercé,

Un arbre que nul jamais ne vit.

Il était des racines au bout de l’arbre

Racines vignes de vie

Vignes de chance

Vignes de cœur

Au bout des racines il était la terre

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre.

 

 

 

                                                                                                                               

 

Robert DESNOS

                                                                                  Les Portes battantes (1936)

                                               In Fortunes, Gallimard, « Poésies », 1964, p. 134

 

05/07/2010

A N G E

J'ai saisi la main d'un ange 

cecile et françois lac novembre 060.jpg

j'ai fait demi-tour 

Surpris 
il m'a souri 
a déployé ses ailes 


et nous avons volé à côté des mésanges 
traversé tant de ciels 
rencontré tant d'amours 
enfants nus et farceurs 


Nous avons reposé sur le seuil de la vie 
parcouru des chemins 
survolé des rivières 
rencontré 
le soleil 
une étoile 
un oiseau 


un regard et des chants 
des blés et des corbeaux 
des pavés Des mensonges 
des horreurs et des songes 
une guerre et Sa paix 
la tendresse ou Le crime 


Nous avons voyagé 
oui !
nous avons voyagé 


Mes souvenirs 
rangés dans un album ouvert 
en mes yeux abrités sous mes paupières closes 
planent sous ses regards 
en brumes si légères 


Oui mes pluies sont plus fines 
plus légers mes mystères 


Et j'aime sentir l'air qui me frôle souvent 
j'aime à imaginer que ses ailes il étend 
sur ma fraîcheur nouvelle 


Là 
un nouveau chemin 
d'aujourd'hui                  ou demain 

et qu'importent les heures 
si son cœur m'est 
                                          Lumière...

                                      1993

28/05/2010

Allégeance

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?

 

 

Il cherche son pareil dans le voeu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

 

 

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

 

 

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?

 

 

René Char 

21/02/2010

Quel est le poids de l'ombre

 pas un doigt d’arbre que la neige

n’épuise

viatique d’un désert

où l’immobilité rumine

 

quel est le poids de l’ombre

à qui meurt et comment

dire la rage lente des feuilles

pour déchirer leur pulpe?

 

un pinson fore l’heure blanche

et noire des photos

qu’on prend fouillant l’haleine

les lèvres à même la vitre

 

rousse

la volute quand s’envole

l’oiseau brusque du

mystère :

le mouvement qu’il dévide

étire la béance

entre l’œil et le cœur

 

 

                           florence Noël

 

http://pantarei.hautetfort.com

 

05/12/2009

Archibald Michiels

 

connaissez vous Archibald Michiels.

j'aime aller et retourner  fouillersdans ses nombreux écrits  et il a ajouté  le contenu de plusieurs de ses recueils

un cadeau  . quand je l'ai remercié il m'a dit que parfois on lui disait qu'on allait le lire . Il m'a  dit avoir écrit un petut poème amusant à l'intention de ses 10  visiteurs  supposés  , je vous le confie . vous pourrez en  augmenter le nombre en cliquant  sur ces deux premiers liens..

j'en ajouterai de temps en temps


Ah, ces fameux dix lecteurs (ou lectrices?) . Les revoici:

*Comptine*

Je dis /un/ -
puisqu'on m’assure
que Dieu l’est

Je dis /deux/
bien… ce que j’en pense
(vous aussi n'est-ce pas?)

Je dis /trois/
toi et ton air !
(vous repasserez)

Je dis /quatre/
à quatre -
- aux escaliers -
(fidèle à leur esprit)

Je dis /cinq/
cinq roses qui font bouquet
devant un sourire
(c’est pas joli, ça ?)

Je dis /six/
six sur six à ne pas rester
sur le fil
(je parle d’hirondelles
lors que s’achève l’été)

Je dis /sept/
nains lieues jours…
faut-il que toute la semaine y passe ?

Je dis /huit/
n’est qu’un chiffre
faut savoir lire
l’infini qui se cache en travers

Je dis /neuf/
toujours nouveau le neuf
(on rapporte que même les nouvelles
le resteraient si pas à pas
nul ne les colportait).

Je dis /dix/
dix qui disent qu'ils me lisent
c'est eux qui comptent
(moi je ne compte pas)

12/11/2009

Volatil

 

 images IXION.jpg

 

Volatil

                                        Pour une homonyme amie...

 

Zouip ! Zouip ! Il y a d'une savonnette mouillée,

d'une savonnette à vilain, dans ces idées, ces sentiments,

ces impressions qui vous échappent, qui s'évadent

en se jouant du traquenard minutieusement agencé

parmi les vocables pour y prendre la fourrure fauve

ou argentée d'un poème. L'on s'y voit, à l'avance,

brillant comme un mot grec : l'on s'y retrouve bête

comme un gros mec ! Ah ! Le poème... Cette belle

qui fait de nous un Ixion, ce fantôme de nuées

qui s'esquive juste comme on pensait l'embrasser !

Miroir aux alouettes enfin parfait, croit-on, après

toute cette mousse de bulles irisées ! Le poème, ah !

comme on voudrait s'en laver la cervelle - mais hélas

     le piège est vide ! Et sphinges et merveilles

                à nouveau nous narguent

depuis certains escarpements non moins inaccessibles

que le ciel lui-même. (Cela, - sans parler de l'obsession

qui plane, hors de portée, en cercles dans nos songes !)

 

 

                        Xavier BORDES

 

19/10/2009

Les pages non lues d'Evelyne André Giudici

Les pages non lues tourneront d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.
Sous la flamme d’une vieille chandelle, coulant comme les mots qui trouvent un nouveau sens, j’écris.
J’écris que le printemps doucement m’indiffère, que les astres sont à jamais déliés les uns des autres … la pluie était si douce l’hiver …. L’herbe fauchée d’hier ressemble à la vie s’arrachant à elle-même.
Combien de jours à sillonner les chemins endormis de nos rêves, combien de nuits s’éteignent sans un bruit.
Dans ce lieu, froid et vidé d’humanité, il attend … il attend la lueur vêtue d’une robe noire, élégante et légère … si légère …
Dans la morsure du loup qui l’effrite, dans l’océan qui emplit ses alvéoles … il attend … la soif de l’aube au ventre
Aucun regard n’est à cet instant plus profond que le sien, qui ne voit plus, mais qui sait.
Les feuilles au-dehors bruissent lentement, son visage soudain s’est figé.

Rien.
Il n’y a plus rien à dire.
Rien à écrire.
Rien à penser.
Je n’entends plus sa voix
Je ne sens plus sa peau
Rien que le souvenir de ses cheveux encore tièdes
La tiédeur du presque vivant, la tiédeur des matins tant espérés, la tiédeur de la chair qui ne pourra plus répondre …
J’ai vu mon père se vomir comme on extrait l’âme d’une peau
Avec souffrance, avec conscience, sans que j’aie pu rien y faire
Rien ….
Rien …

Les fleuves coulent leurs huiles bleues et brillantes à la façon du pinceau glissant sur la toile
Mon enfant fait des bulles dans le jardin
Le chien aboie
Les jours s’envolent comme les oiseaux des arbres

Rien
Il ne se passe rien
Rien ne revient
Les saisons s’abandonnent

Et ces pages non lues qui tournent d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.

 

http://ultraviolette.over-blog.com/ 

28/09/2009

une prose poétique d'Archibald Michiels

Yonne auxerre et mon pastel 044.jpg

C'était une après-midi d'octobre. La lumière dessinait d'un trait précis mais doux, rendait à chaque couleur ce qu'un esprit plus hardi eût appelé son essence. Son chemin vint à donner dans une clairière. Il comprit bientôt qu'il avait maintenant le pouvoir de créer cette clairière, même s'il ne l'eût pas vue. Pouvait y faire passer une biche, inquiète ou pas, comme bon il l'entendait. La clairière recevrait la douceur en don de la lumière, et la biche s'approcherait, si seulement il l'appelait de son nom.

Il ne le fit pas. Il était sage d'user d'un tel pouvoir avec parcimonie. Question de ne pas se retrouver avec quelque chose de trop rempli. Un dessin trop achevé où il n'y aurait plus place pour une ligne nouvelle.

02/09/2009

Yves Heurté

yvesheurte.jpg

XVI

 

Où cours-tu ?

Ni le châle infini du vent

ni le temps qui s'ébouole

ne se donnent au passant.

 

Quand tu te lèveras

après les jeux du sexe

le désert n'aura pas changé

la moindre de ses pierres.

 

L'absolu n'est ici d'aucune politesse.

La mort ne repeint pas ses lèvres

aux fleurs des citronelles.

 

 

Où cours-tu ?

 

 

" Je vais .

            Tout marcheur est un lieu d'amour …"

 

                        XXI

 

Il descendit la chaîne de mots

Au fond dupuits un choc étrange

Dieu buvait .

 

Extraits  de " Carnet Tibétain " (Rougerie )

 

 

L'enfant, l'oiseau

 

Un enfant assis sur les ruines

ne pleure plus.

Il tient l'oiseau tué par balle

perdue.

Au ciel, il y avait bien plus de balles

que d'oiseaux.

 

Deux ombres

 

         Il est à Hiroshima un pignon noirci où se

découpent encore les formes en blanc de deux

amants.  Elle semblait  tenir une ombrelle,  lui

une  casquette  d'ouvrier.  Leurs lèvres allaient

se rejoindre  quand la bombe…

        Ils  furent  faits   cendre  en  plein  baiser,

laissant   au  mur  son    négatif,   comme   ces

plaques argentées où d'anciens photographes

amaient fixer l'histoire.

Dans  la gueule d'ombres  (Editinter)

 

http://yves.heurte.free.fr/

 

 

 

 

 

26/08/2009

Archibald Michiels

Connaissez-vous Archibald Michiels ?

Pourquoi ne vous en ai-je jamais parlé !! . Depuis plusieurs années je  clique  de temps en temps pour relire un de ses articles passionnants,

Dernièrement je me suis aperçue qu'il avait  copié  le contenu de plusieurs de ses recueils.

J'ai lu un peu … je lui ai écrit … Il m'a parlé de ses lecteurs .. supposés  et m'a envoyé ceci :

 

 

Ah, ces fameux dix lecteurs (ou lectrices?) . Les revoici:

 

*Comptine*

 

Je dis /un/ -

puisqu'on m’assure

que Dieu l’est

 

Je dis /deux/

bien… ce que j’en pense

(vous aussi n'est-ce pas?)

 

Je dis /trois/

toi et ton air !

(vous repasserez)

 

Je dis /quatre/

à quatre -

- aux escaliers -

(fidèle à leur esprit)

 

Je dis /cinq/

cinq roses qui font bouquet

devant un sourire

(c’est pas joli, ça ?)

 

Je dis /six/

six sur six à ne pas rester

sur le fil

(je parle d’hirondelles

lors que s’achève l’été)

 

Je dis /sept/

nains lieues jours…

faut-il que toute la semaine y passe ?

 

Je dis /huit/

n’est qu’un chiffre

faut savoir lire

l’infini qui se cache en travers

 

Je dis /neuf/

toujours nouveau le neuf

(on rapporte que même les nouvelles

le resteraient si pas à pas

nul ne les colportait).

 

Je dis /dix/

dix qui disent qu'ils me lisent

c'est eux qui comptent

(moi je ne compte pas)

 

 

Et je vous confie aussi  celui-ci  parce que quelques uns des visiteurs de ce blog savent qu'on m'appelle quelquefois " la fourmi "  comme le faisait  le regretté poète  Yves Heurté   dont je vous copierai bientôt  quelques poèmes


Un poème ça démarre aussi, comme ça,
du plaisir de voir une fourmi
escalader une boule de terre sèche ;
puis ça part aussi, comme ça,
dans tous les sens,
un peu nulle part un peu partout ;
mais obstiné,
comme la fourmi -
essayez seulement, pour voir,
de la, de le, dévier.

Et ça s’arrête aussi, comme ça,
de l’autre côté de la terre -
je veux dire de la boule de terre ;
gentiment, comme déposé,
sans chute, léger
comme une fourmi.

 

Et voilà les liens vers deux recueils  :

 

http://promethee.philo.ulg.ac.be/engdep1/download/perso/textes/veilleur.htm

 

http://promethee.philo.ulg.ac.be/engdep1/download/perso/textes/rois.htm

 

07/08/2009

Jean Roger CAUSSIMON

http://www.youtube.com/watch?v=kNMqz2uuy7E

un coffret de deux DVD  durée  4h 45 pour retrouver un chanteur poète de talent

qui méritait  bien plus d'honneurs

17/07/2009

LES OISEAUX

 

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Nous n'avions qu'un ciel en partage
il a incendié nos jours
pour quelques lambeaux de nuages
nous avons fait la guerre
là où s'amusent les oiseaux

 

nous avons tenté d'arrimer le bleu
au noir de l'oeil
et les oiseaux se sont mis à crier
ils se sont enfuis

 

nous avons tant et tant
jeté la pierre au vent
qu'il s'est tu
et les arbres ont péri sous le poids
de leurs propres feuilles

 

                       Christian Andersen

13/07/2009

Parfois lire .. aussi

un poème de Jacques ANCET

cueilli sur son blog

 http://www.blogg.org/blog-55642.html

( Lumière des jours : mes liens à gauche)

 

chant XII


Tu te dis qu’il faut se dépêcher, qu’il faut garder
ce qui peut l’être encore, un après-midi de mars
par exemple, avec un ciel gris et des primevères,
un marché, peut-être aussi, comme il y a longtemps ,
la lumière, les cris, les odeurs et ce silence
où tout soudain s’arrête sans pourtant s’arrêter,
mais tu vois chaque visage, chaque geste figé
dans l’éclat d’un instant suspendu, une explosion
immobile qu’on entend partout dans la douceur
de l’heure qui sonne, le roucoulement des pigeons,
sous les paroles, les sourires, les mains serrées,
tu te dis qu’est-ce qu’on peut faire, la vie continue,
mais la vie c’est quoi au juste quand tout vole en éclat,
sang, débris, corps, bouches qui s’ouvrent sans se fermer,
photos, discours, le poudroiement, dit-il, la fumée,
le siècle commence dans la haine et la fureur,
sirènes hurlements, une minute de silence,
les voix s’étranglent, les yeux s’enfoncent dans les yeux,
plus rien n’en sort que des morceaux, des débris de vie,
le chœur bêle en temps réel, une peur en images,
elle n’a aucun et à la fois tous les visages
comment lui échapper, déconecte-toi, dit-il,
ouvre toutes les fenêtres et pars sur les chemins,
mais en reste-t-il qui ne mènent pas au pire,
tais-toi et marche, fait-il encore, ou reste là,
peu importe, l’interstice seul te sauvera,
cet entre-deux qui ne brille sur aucun écran
mais là, tout près, dans cet espace entre la clôture
et le chêne, quelque chose comme une embrasure
tu dis là, regarde, mais elle s’est refermée,
n’en reste qu’une lueur instantanée, un mot
qui tremble sous son sens, moins, un souffle sur les lèvres,
les choses ont repris leur place, versé dans les yeux
le plein de leurs images sais-tu ce que tu cherches,
le jour brille sur le cendrier d’étain, la porte
interdit de voir qu’il n’y a jamais rien à voir,
que tout est là sans y être, visage, fenêtre,
tu marches mais tu n’as plus de jambes, tu tends des mains
sans doigts, les phrases ont perdu leurs bouches, tu ne sais plus
que l’évidence sans profondeur d’un paysage
arrêté comme dans l’attente de ce regard
il ne le reconnaîtrait plus puisqu’il aurait soudain
traversé tout son savoir, puisqu’il toucherait sans voir
et dans sa vue éprouverait le toucher du monde,
sa profondeur perdue, mais aujourd’hui le jour tombe
quand il se lève, un brouillard de voix couvre les yeux,
un désordre de branches, tracteurs, tronçonneuses, haches
racourcissent le paysage, le temps n’est plus
ce qu’il était, tu pries quand tu ne peux plus penser,
tu dis ce que tu peux non ce que tu veux, tu baves,
tu n’as plus un mot à toi, tous les mots sont aux autres,
ils vous les ôtent de la bouche, tu es sans voix,
sans autre certitude que le fil du présent
où tu avances en équilibre fixant un point,
une image invisible et son éclair sous les yeux,
pendant ce temps, poudre bleue, nuages et primevères
font un nouveau printemps qu'on voudrait bien te gâcher
OMC, PNB, PIB, PAF, ONU, COGEMA,
terrorisme, mésanges, élections, les arbres en fleurs
et malgré l'angoisse le corps marche à la rencontre
de la lumière comme pour la première fois
ou est-ce la première fois qui vient vers lui,
à chaque pas le premier pas, même si tu tombes
tu te relèves, soleil, pluie, cliquetis des doigts
sur un clavier et le livre abandonné, repris,
qu’y cherches-tu que jamais tu ne pourras trouver,
que tu trouveras tout de même mais sans savoir
et toute une vie à ce jeu, perdue ou gagnée,
perdue et gagnée, avec à chaque jour l’espoir
d’en arrêter le jour, ce vertige sans issue
où en aveugle une fois de plus tu recommences
mais qui tu, et quel visage dans tous ces visages
qui s’avance, tu crois le reconnaître à cette voix
sortie de sa bouche, tu écoutes chaque syllabe,
tu vas comprendre, tu comprends un instant, tu oublies
et c’est de ça que tu te souviens, de cet éclat
où soudain toutes les lumières se réunissent,
toutes les poussières, où chaque chose est autre chose,
et autre chose la même chose, l’identité
est un puits noir, rien n’y est identique, tu vois
en sortir des images, des formes, des contours,
tu dis, je tu on, on tu je, je tu, ou tu on,
jours, gestes, corps font un fleuve de reflets, ils dansent,
se touchent, se perdent, tu dis voilà, c’est la vie

22/06/2009

Autrefois de Charles CROS


Ne trouvez-vous pas que ce texte en prose pourait avoir été écrit  hier ??? !!! (adeline)

Il y a longtemps – mais longtemps ce n'est pas assez pour vous donner l'idée... Pourtant comment dire mieux ?

Il y a longtemps, longtemps, longtemps; mais longtemps, longtemps.

Alors, un jour... non, il n'y avait pas de jour, ni de nuit, alors une fois, mais il n'y avait... Si, une fois, comment voulez-vous parler ? Alors il se mit dans la tête (non, il n'y avait pas de tête), dans l'idée... Oui, c'est bien cela, dans l'idée de faire quelque chose.

Il voulait boire. Mais boire quoi ? Il n'y avait pas de vermouth, pas de madère, pas de vin blanc, pas de vin rouge, pas de bière Dréher, pas de cidre, pas d'eau ! C'est que vous ne pensez pas qu'il a fallu inventer tout ça, que ce n'était pas encore fait, que le progrès a marché. Oh ! le progrès !

Ne pouvant pas boire, il voulait manger. Mais manger quoi ? Il n'y avait pas de soupe à l'oseille, pas de turbot sauce aux câpres, pas de rôti, pas de pommes de terre, pas de boeuf à la mode, pas de poires, pas de fromage de Roquefort, pas d'indigestion, pas d'endroits pour être seul... nous vivons dans le progrès! Nous croyons que ça a toujours existé tout ça!

Alors ne pouvant ni boire, ni manger, il voulut chanter. Chanter (triste), oui, mais chanter quoi ? Pas de chansons, pas de romances, mon coeur! petite fleur! Pas de coeur, pas de fleur, pas de laï-tou: tu t'en ferais claquer le système ! Pas d'air pour porter la voix, pas de violon, pas d'accordéon pas d'orgue, (geste) pas de piano ! vous savez pour se faire accompagner par la fille de sa concierge; pas de concierge ! Oh ! le progrès !

Peux pas chanter; impossible ? Eh bien je vais danser. Mais danser où ? Sur quoi ? Pas de parquet ciré, vous savez pour tomber. Pas de soirées avec des lustres, des girandoles aux murs qui vous jettent de la bougie dans le dos, des verres, des sirops qu'on renverse sur les robes ! Pas de robes ! Pas de danseuses pour porter les robes ! Pas de pères ronfleurs, pas de mères couperosées pour empêcher de danser en rond !

Alors pas boire, pas manger, pas chanter, pas danser. Que faire ? – Dormir ! Eh bien, je vais dormir. Dormir, mais il n'y avait pas de nuit, pas de ces moments qui ne veulent pas passer (vous savez, quand on bâille (il bâille), qu'on bâille, qu'on bâille le soir).

Il n'y avait pas de soir, pas de lit, pas d'édredons, pas de couvre-pieds piqué, pas de boule d'eau chaude, pas de table de nuit, pas de... assez ! Oh ! le progrès!

Alors il voulut aimer ! Il se dit : je vais me mettre amoureux; je soupirerai; c'est une distraction; je serai même jaloux; je battrai ma... Ma quoi ? Battre quoi ? qui ? Être jaloux de quoi ? de qui ? amoureux de qui ? soupirer pour qui ? Pour une brune ? Il n'y avait pas de brunes. Pour une blonde ? Il n'y avait pas de blondes, ni de rousses; il n'y avait pas même de cheveux ni de fausses nattes, puisqu'il n'y avait pas de femmes !

On n'avait pas inventé les femmes ! Oh ! le progrès!

Alors mourir ! Oui, il se dit (résigné) : je veux mourir. Mourir comment ? Pas de canal Saint-Martin, pas de cordes, pas de revolvers, pas de maladies, pas de potions, pas de pharmaciens, pas de médecins !

Alors il ne voulut rien ! (Plaintif) Quelle plus malheureuse situation !... (Se ravisant) Mais non, ne pleurez pas ! Il n'y avait pas de situation, pas de malheur. Bonheur, malheur, tout ça c'est moderne !

La fin de l'histoire ? Mais il n'y avait pas de fin. On n'avait pas inventé de fin. Finir, c'est une invention, un progrès ! Oh ! le progrès ! le progrès !

Il sort, stupide.


Charles Cros

 

06/03/2009

Carlos Drummond de Andrade

 

AIMER
 
Que peut une créature sinon, entre créatures, aimer ?
 
aimer et oublier,
 
aimer et malaimer,
 
aimer, désaimer, aimer ?
 
aimer, et le regard fixe même, aimer ?
 
Que peut, demandé-je,
 
l'être amoureux,
 
tout seul, en rotation universelle,
 
sinon tourner aussi, et aimer ?
 
aimer ce que la mer apporte à la plage,
 
ce qu'elle ensevelit,
 
et ce qui, dans la brise marine,
 
est sel, ou besoin d'amour, ou simple tourment ?
 
Aimer solennellement les palmiers du désert,
 
ce qui est abandon ou attente adoratrice,
 
et aimer l'inhospitalier,
 
l'âpre, un vase sans fleur, un parterre de fer,
 
et la poitrine inerte, et la rue vue en rêve,
 
et un oiseau de proie.
 
Tel est notre destin : amour sans compter,
 
distribué parmi les choses perfides ou nulles,
 
donation illimitée à une complète ingratitude,
 
et dans la conque vide de l'amour la quête apeurée,
 
patiente, de plus en plus d'amour.
 
Aimer notre manque même d'amour,
 
et dans notre sécheresse aimer l'eau implicite,
 
et le baiser tacite,
 
et la soif infinie.


( Carlos Drummond de Andrade)

copié sur le site d'un de mes visiteurs  je n'ai pas réssité!



18/11/2008

Terre d'ocre de Marcel Maillet

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« La peinture n’est que la recherche des souvenirs de Dieu

Dans le but de voir l’univers tel qu’il le voit »

                               Orhan Pamuk

 

 

                                                                                                             

                                                                                           T erres d’ocre

      

                                   Elles disent les maturations

                                               les cycles et les heures

                                   Elles disent l’invisible

                                   L’ocre convient aux dieux

 

                                   Les derniers rais d’un soleil qui décline

                                               attisent la braise du mélèze

                                   Ocres de l’automne

                                   Flamboiement aux frondaisons de septembre finissant

                                   Labours en robe de bure

                                               qu’encense un vol fuliginieux de passereaux

                                   J’aimerais mon âme en un jardin d’automne

                                   Senteurs de tourbe de fougères

                                   Rouissent les châtaigniers

                                   et si le cor prolonge sa longue antienne vespérale

                                   que lui fassent répons le brâme profond du cerf

 

                                               Ocres              Cuivres

                                   Cuivres de l’orient                  Désert d’orient

                                               Dunes brunes                   Lèvres afghanes

                                   Ciels fauves         à la crinière de lion

                                   S’exhalent  des arômes cannelle

                                                            des épices musquées

                                   Cuirs des harnais            Rumeurs de caravanes

 

                                                           Cuivre

                                   couverte de cuivre sur l’émail des lacs

                                   cuivre sans éclat

                                               quand la lune fomente la neige

                                   Folle chevelure de lune

                                                           Névrose de la lune

                                   à la morte saison des bruyères gelées

                                   quand hurle l’hiver brûleur de loups

 

                                   L’ocre convient aux dieux

                                  

                                   Il y a toute cette chamoiserie

                                                           de reflets roux à l’ados de la vague :

                                   ambres et feuilles mortes

                                               robe de daine        corsage de bouvreuil

                                   fuite d’un écureuil          éclat dans l’épicéa

 

                                   Il y a des abeilles nimbées d’une lumière de miel

                                   à l’odeur brune  -  ivre un peu  - de réglisse

                                                            de malt et de muscat

 

                                                             Il y a les sables

                                   couchés comme en lit de roses

                                   que le crépuscule aurait lissé

                                               J’aime ces sables de Loire

                                    ces javeaux passés par le tamis des soleils couchants

 

                                    Méditent dans le soir des violoncelles

 

                                   Et puis faites lointaine souvenance

                                   Rappelez-vous le poitrail de l’auroch

                                                           au flanc de la caverne

                                   avec ce            bison que le dessin enfante dans l’orbe du solstice

                                                                        Vêtu d’ours

                                   le chaman dansait les flammes rauques du feu

 

                                   De rouge et de noir

                                                           d’ombre et de lumière

                                   l’ocre convient au dieu

 

                                   mais la Sybille de Cumes interroge la rose

                                   et septembre déjà rabote les feux du jour

                                   Fragiles d’incertitude

                                                           les villages de la nuit campagnarde

                                   veilleront

 

                                                           tapis dans la fourrure

                                   de leurs rousseurs blafardes

 

 

                                                                                  Marcel MAILLET

 Marcel Maillet est un des poètes du groupe :

http://poesie-sous-roche.hautetfort.com/

Merci de cliquer ci dessus 

 

03/10/2008

La fée valse ... chez JLK

La Fée Valse



Elle met ses jolis dessous dessus. Elle est la petite fille de tous les âges et de tous les pays. Elle est la sage tannée comme le cuir de l’humanité à la première heure. Elle est le sourire de la lune.
Sur le tapis de chair elle est la mer ondulée. Tous les nageurs la prennent, mais elle se relève à chaque fois plus pure. Sa mère, la pauvre, n’a pas eu cette chance, que la besogne a ridée. Tandis que Valse renaîtrait de la pire misère, mille fois violée et souillée on la verrait rebondir en quête d’un verre de lait.
Le sourire de la lune lui apparut à la mort de son père. Depuis lors une chose s’est brisée en elle, qu’elle sait ne pouvoir réparer que de sa propre lumière. C’est pourquoi vous la voyez sourire toujours au bord de la rivière de la rue.
Vous l’achetez, vous montez le nez dans ses dessous dessus, vous croyez la tenir, la retenir mais elle vous danse dessus et quand la lune se lève sur les corps rejetés par la mer vous voici sourire à votre tour à la fée qui danse.

http://carnetsdejlk.hautetfort.com/

 

28/09/2008

Aaron de Najran

Photographie Tea Mäkipää  finlande Tea makipaa_1_t4.jpg

 

La Finlande est un pays où il ne se passe rien

La Finlande est un pays où il ne se passe rien
un pays que personne ne sait où il est
les gens y sont tristes
les gens boivent parce qu'ils sont tristes
puis ils boivent pour oublier qu'ils ont bu
ils marchent les épaules au fond des poches
l'âme de leurs ancêtres vit au fond les pierres
 
La Finlande est un pays où il ne se passe rien
les élans ne lèvent même pas la tête quand un menhir passe
les corneilles ne parlent pas parce qu'elles n'ont rien à dire
les oiseaux migrateurs apportent le ciel au printemps
et le remportent en automne
soigneusement plié dans leurs ailes
 
C'est un pays où les paysages sont beaux et les gens tristes.
c'est un pays dont on ne parle jamais.
sauf des pilotes de course et des tueurs
C'est le pays où j'habite mais qui n'a jamais été le mien
Par contre vous pouvez venir me voir
Je vous montrerai l'automne le plus beau du monde
comment cuisent les compotes de pommes
je vous amènerai sur le marché des feuilles
où les bouleaux s'échangent des louis d'or
je vous montrerai des renards se choisir une fourrure
dans les couleurs des aurores boréales
je vous montrerai des filles éclairer la nuit à la lueur de leur yeux
des baies de sorbiers au bout des ongles
 
La Finlande est un pays triste
c'est un pays où l'on tue d'être triste
c'est le pays où j'habite.

 

COMMENTAIRE DE L’AUTEUR :

 

j'ai écrit ce texte extemporé ce matin, suite à la tuerie qui est arrivé hier dans une école en Finlande, c'était à 130 kms de chez moi. on était en alerte. Mais on n'a pas eu de travail, parce qu'on ne sait pas encore guérir les morts.
Le pire de la tristesse, c'est que la même chose est arrivé en Finlande aussi, il y a un an, presque jour pour jour.
Un pays sur la carte de la tristesse du monde... un de plus.
(rassurez-vous, je vais bien, personnellement)

 

 

adresse de son site que je vous invite à découvrir vous ne le regretterez pas .

 

http://www.kolumbus.fi/~kb2817/home/

23/09/2008

La joie

Le pain brûlé des terres
La lumière en bras de ruisseaux
La perfusion du jour sur les heures de nuit
Les veines au cou de la montagne
Les vignes lourdes de vin vert
Le ciel marine à force de brasure
Les oursins de lavandes dans l'océan des champs
Les fenêtres ouvertes pour reprendre leur souffle
Et les rideaux fleuris
Les pas derrière la porte
La présence
La vie pleine forge
La centaine des blés pour un seul coquelicot
Le rouge du soleil en face
La joie
Légère comme une espadrille.


Ile Eniger

 

l'adresse de son blog : http://un-violon-sur-la-mer.over-blog.com/

 

Nouvelle adresse et encore peu de poèmes mais certains se souviennent de son site et seront heureux de retrouver

cette poésie si belle dans sa délicatesse

 

02/09/2008

un poème de Florence Noël

 

 

D'attente


j’avais bu
et de l’eau plus
savamment que le vin

j’avais sentinelle aux lèvres
liguées de feux tus
quant à ta main :

une course vaine de mille lieues
un cheval tombé naseaux aphones
une mer étrillée sous le ventre blême
un ruban de cailloux damnant pieds

j’avais bu
et j’alanguissais l’heure
te savoir près

mais ta main
et ma main
l’infini n’y suffirait plus

je perds souffle encore
cette tension mon bras en gonfle
ma main sans phare
égarée sur la table

et toi masse tellement humaine
d’attente et de vœux

et moi perdue entre l’ici soif
et toi-là chair
chiffonnade d’effroi
sous ma paume

http://pantarei.hautetfort.com/about.html

 

Tant à lire  et quelle écriture  que celle de Florence Noël

J’ai choisi un poème mais  vous pouvez découvrir articles réflexions récits etc.. ;

et des liens vers ses autres sites  .

bonne promenade littéraire

10/08/2008

Claude Esteban

quelques rares extraits de son recueil " Morceaux de ciel, presque rien "

Je ne sais plus si le ciel

monte

ou meurt

J'accumule le temps

dans la minute 

***

Qui frappe

quand tout s'est éteint ?

la route seule

***

Personne sur le seuil

dehors m'attendaient

les fourmis.

***

Dites lui

que rien n'a bougé

dans son histoire .

***

Qui

t'accueille aujourd'hui ?

Ceux qui t'aimaient

sont loin

et je m'attarde

***

Dans cette main

que tu n'as plus, le pinceau

neuf, la courbe du soleil

intacte .

***

 

09/08/2008

Les femmes sont les premières maisons

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Les femmes sont les premières maisons

des hommes et des femmes,

elles sont leur rampe de lancement, leur pont,

elles leurs donnent leur âme.

 

Ainsi les hommes pendant 9 mois

ont été qu'ils le veuillent

ou pas......... des femmes.

Une fois sortis d'elles, hélas!,

il arrive qu'ils les profanent,

les massacrent, les violent, les damnent.

 

 

Ô vous, qui que vous soyez,

c'est aux femmes que vous devez

le fait de naître

et de marcher sur la terre.

 

Ne laissez pas se faner

les fleurs qui vous ont portés

vers la lumière.

Elles vous disent:

«Je vous ai fait,

à vous à présent de vous faire.

C'est à votre tour d'achever

l'ouvrage... déjà... commencé.

A votre tour de vous faire naître

jusqu'au moment où la mort,

notre mère à tous et à toutes,

nous fera entrer de plain-pied

dans ce qu'on appelle, à tort ou à raison,

l'éternité.»

 

 Julos Beaucarne

 

Tourinnes-la-grosse 7/8/8

 

http://julosland.skynetblogs.be/post/6129105/les-femmes-s...

 

07/08/2008

Shikoku Si vous aimez le Japon

Japon 2006 Léger (949).jpg

http://xgantelet.over-blog.com/article-19961813-6.html

allez lire la description du livre de mon ami Léo . et promenez vous sur son blog vous ne le regretterez pas

si vous êtes séduits et curieux procurez vous le récit de son pélerinage japonais Quand il m'a confié son manuscrit il y a quelques mois je n'arrivais pas à en arrêter la lecture c'est passionnant et original et le style en est très clair

Japon Léger Shikoku (501).jpg

09/06/2008

de ZEIO : NE LE NIE PAS LORSQUE TU DORS

j'aime partager mes instants d'émotion en poésie (image et poème  en droits réservés bien entendu )

 

colonne-gauche-nocturne.gifMais la mort c'est aussi le ciel clair
La couverture remontée sur les épaules
Une chute de petites pierres dans le jardin
Ce sont deux silences qui dialoguent entre eux
Le matin et le soir
Le rouge et le blanc
Le trou béant et l'eau du corps qui s'en va
Une blancheur qui n'en finit pas
C'est le passant qui glisse sur un trottoir un peu bas
La dernière marche du palais un peu trop haute
Le livre enfin refermé
C'est laisser la place à l'oiseau, sur le marbre
Laisser son manteau dans le vestibule
Aller pieds nus visiter l'autre horizon
Laisser un peu de nuit dans la main des enfants
Mêlée de cuivre et d'argent, laisser du vent
C'est la fin du conte
La surprise du chef
Le plat du dernier jour
Sur lequel on a versé trop de sel
C'est aller faire comme les autres
Finir un rêve pour en commencer un autre
Se muer en souvenirs
Laisser dans le vestiaire
Sa peau et son odeur, ne plus poser ses doigts sur le piano
Ni enfiler son pantalon
Ni se piquer sur le cactus
La mélodie fantôme
La montre cassée
Le chat qui n'aura plus son lait à la même heure
Qui n'aura plus les mêmes caresses
C'est le canapé trop confortable
La dernière vendange, la dernière canne à sucre coupée
C'est notre chambre qui n'est plus la nôtre
C'est l'explication sereine
Le manège en panne
Les jouets vendus dans les vide-greniers
Le soleil qui brille pour d'autres
C'est aller voir du côté des étoiles
Ce qui se raconte
C'est le téléphone qui sonne pour rien
La messagerie pleine
Terminer son histoire dans le coffre aux objets perdus
Laisser son empreinte aux voleurs
Rouler pour l'invisible
Faire affaire avec le ciel
Laisser au vent le dernier mot
Le ventre pâli
Ce sont les yeux et les mains qui partent pour un autre voyage
Le baiser mouillé perdu
La buée sur la vitre du temps
C'est échanger un vertige pour un vestige
Une voix pour un secret
Un mot pour un rien
C'est finir dans la sève d'un arbre
Dans un vase de fleurs
Bricoler son tipi comme on peut
Et son paradis
Prendre une mer inconnue
C'est un grand oiseau noir et calme
Qui se pose sur les choses et les êtres
Et les emporte
Avec le vent, le pollen et les souvenirs

 http://zeio.free.fr/index.html

04/05/2008

LE NOUVEAU RECUEIL sur le net

Je suis tellement ravie  je viens d'enregistrer l'entretien avec François Cheng .  Avant d'aller le lire, le recueil "à l'Orient de Tout" en main , je voulais vous annoncer cette bonne nouvelle :

http://www.lenouveaurecueil.fr/dotclear/index.php?2008/05/02/4-le-numero-86-du-nouveau-recueil-est-en-ligne

http://www.lenouveaurecueil.fr/Sommaire%2086.htm

 

sommaire du numéro 86:

En premier

Carole Darricarrère, Quelle belle journée . Ce texte téléchargeable en fichier PDF correspond à un livre d'artiste disponible sur commande auprès de l'auteure. Pour tout renseignement écrire à : ka.dak@wanadoo.fr

Gérard Cartier, Cabinet de société (extrait)

Sébastien Dubois, La chambre de Marcel Proust à Cabourg

En traduction

Andrew Zawacki, Credo, traduit de l'américain par Sika Fakambi

Essais critiques

Michaël Bishop : L'indécise exactitude de la terre, Esther Tellermann

Céline Barbillon : Guy Goffette, écrire embarqué

Andrew Zawacki 

  Curiosité 

Louis Moreri, Les Hérétiques (1698) présenté par Frédéric Gabriel

Cinéma parlé 

Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy par Jacques Sicard

François Cheng

Entretien

François Cheng s'entretient avec Nicolas Tabuteau

Bonnes feuilles

Claude Louis-Combet : Les exilées d'Avalon

Notes de lecture

Bernadette Engel-Roux, Une visitation, par Judith Chavanne 

 

30/03/2008

de Pierre REVERDY

Notes sur la poésie : Pierre Reverdy

 

Je viens de lire cette définition sur le site "POEZIBAO " je ne résiste pas à l'envie de  la partager d'autant que Pierre Reverdy est  l'un de mes poètes préférés

La poésie est atteinte quand une œuvre d’art quelconque s’intègre, ne fût-ce qu’un moment, à la vie réelle de l’homme par l’émotion qu’elle provoque dans son esprit et comme dans sa chair. La poésie n’est dans rien d’autre que dans la mise en commun d’aspirations diverses auxquelles l’œuvre d’art peut donner la violente illusion de s’être rencontrées. Le poète ne s’occupe pas et ne doit pas s’occuper de l’émotion que pourra provoquer son œuvre. Il ne doit et ne peut connaître ou reconnaître, dans son œuvre, que l’émotion qui lui a donné l’élan nécessaire à sa création. Mais, plus cette œuvre sera loin de cette émotion, plus elle en sera la transformation méconnaissable et plus vite elle aura atteint le plan où elle était, par définition, destinée à s’épanouir et vivre, ce plan d’émotion libérée où se transfigure, s’illumine et s’épure l’opaque et sourde réalité. On ne fait pas de la poésie. On écrit des poèmes en risquant sa chance ; on peint des tableaux, on compose un morceau de musique et il s’en dégage de la poésie ou il ne s’en dégage pas, c’est-à-dire qu’on a écrit, peint, composé absolument pour rien, ou bien… Le poète doit voir les choses telles qu’elles sont et les montrer ensuite aux autres telles que, sans lui, ils ne les verraient pas. L’art et la poésie ne sont là que pour puiser dans la nature ce que la nature ne fait pas. Je vis, d’abord — j’écris, parfois, ensuite. Mais il m’arrive de sentir davantage ce que veut dire vivre en écrivant.