12/11/2009

SAVONNETTE PENSIVE

« Tu appelles la brume avec de l'eau .
Pourquoi ?
Les miroirs se voilent !

Y dansent des personnages
qui ne veulent pas que je les touche.

Et pourtant
ce soir j'aurais voulu

juste un peu de la tiédeur d'une main mystérieuse.
Oh ! deux doigts m'auraient suffi

je ne voulais pas me griser d'une main toute entière

Il est  20 heures ?

Tu as raison

les secondes s'éternisent .

Des secondes, il y en a de tant de sortes
Celles qui tombent goutte à goutte comme ce soir
Celles qui se précipitent
torrents qui cherchent à oublier peut être
apprends à t'en méfier

On peut se noyer
dans la baignoire débordant de gouttes d'eau
Cette vapeur aveugle
Il suffirait d'une larme
pour me fondre m’évanouir .

Et pour  toi ? Dis…
de quelle couleur sont les paysages...

Bandoneons

 

Olé ! je veux

des bandonéons d’Argentine

dans les cimetières marins

et dans les océans d’argile

si profonds qu’ils couvent encore

tous nos vieux morts

 

Des  fluorescences laiteuses

des artifices étoilés

émoustillés

  

A faire tangoter le soir

les feux follets des désespoirs

jusqu’à les zigouiller comme ça : 

Couic … et voilà

 

Noués  tordus

emmêlés jusqu’à se tréfondre

se confondre

tricoter  swinguer avec nous

devenir fous

 

Faire de la nouvelle année

da la bimbeloterie sucrée

assourdissante  dissonante

 

Une cacophonie hurlante

pour toi pour nous.

 

Toujours …

 

Partout.

 

 

 

 

10/11/2009

Révasion un peu Dada

                                

 

Envie de changer un peu de peau

parce qu'elle est bleue comme une orange ... après coups

 

Altéré

mon regard fixe la pelure

d'un agrume  abandonné

  un peu trop loin !

Cuirasse d'or elle voile la chair :

Je fulmine.

 

Alors j'invente une spirale

un couteau affilé

il y tranche une déchirure :

Je flaire.

 

Des fleurs d'oranger embaument l'espace

narines frémissantes :

J'aspire.

 

Sous mes paupières closes,  une vision :

Textile  en duvet blanc

d'où s'érige languide un arbre de coton :

         J'ai soif.

 

Mon œil imagine, à l'abri de cette ombre

humide d'oeuf ,  la rondeur d'ocre

d'un poussin :

Je trépigne .

 

Pépiements en crécelle

acidulée sa voix 

ferait  jaillir enfin

une source sanguine :

Je salive.

 

Il me faut cette orange

a b s o l u m e n t  ...

 

Je renverse l'armoire, Tant pis.

 

 

 

 

 

 

 

07/11/2009

Rencontre

 

 

Rencontre

 

Dans la rue Madame sifflotait Monsieur

Dans la rue Monsieur trottinait Madame

Madame glissa dans la rue Monsieur

La sirène hurla dans la rue Madame

 

Monsieur s'exclama : "pourquoi ce ramdam?"

"C' est un accident dans la rue Monsieur"

Répondit alors un affreux quidam

"Une dame meurt. Ce n'est rien Monsieur"

 

Monsieur s'engagea dans la rue Monsieur

Tout devint désert dans la rue Madame

Monsieur s'approcha très près de Madame

Quand elle sourit, regarda Monsieur

 

-"Vous êtes vivante oh !très chère dame

Vous m'avez fait peur : Un vilain monsieur

à peine lavé qui sentait l'Edam

M'a dit rue Monsieur se meurt une dame"

 

- "J'ai glissé Monsieur , j'allais rue Madame

Accompagnez moi s'il vous plaît Monsieur"

-"J'étais rue Madame répondit Monsieur

J'y retournerai pour voir vos beaux yeux."

 

 

Inspiré par " rue Madame , rue Monsieur de Jacques Roubaud

 

 

 

 

 

 

 

 

05/11/2009

Tue plutôt le temps

 

Astarté  t'a tenté

Tu t'es longtemps taté

Fallait te décider avant qu'elle détale

Elle t'a asticoté ?

C'est atroce

 

Tantôt t'as tout tué

Ta pendule a tourné

C'est notoire

Le temps ça t'attend pas

t'aurais du te hâter

 

Tu tapotes la table

Détends toi

sois moins ostentatoire

 

T'es là en automate

Tu t'étioles

hébété

 

Ton Tonton et Tatie

t'avaient tant averti

pourtant

Fallait pas barboter

autant

 

T'es battu

C'est bateau

c'est bâton pour te battre

 

T'es bête

Arrête de t'étaler et détale

capitule

T'étais inexpérimenté

 

Te tues pas pour autant

Au printemps tu tenteras

de mieux mater  ton  temps

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04/11/2009

Dialogue de " Je"

 

Le je

qui est un autre

regarde

les  autres

 

Réagit à un écho qui rebondit

Se  noie un peu

Parfois crie en silence

dans la colère ou dans les larmes

 

Le je qui est toi

Voudrait regarder le jeu qui est l'autre

parfois hésite un peu  inquiet

Ce je autre qui est il ?

à quel jeu , à quel je joue t-il

 

Pourtant

ce je autre qui  l'embarrasse

l'empêche d'être lui

 

Mais qui des deux est Lui

ils s'y perdent

 

Il s'égare

alors  pour essayer  d'entendre

de regarder aussi 

c'est bien mon tour se dit-il

 

...Il écrit

 

 

Chavirer, chaste

 

CHAVIRER  CHASTE  ?

 

Juchée sur le machicoulis

Minaude

miaule un tantinet

Mate le  ce minou belle chatte

qu'ondule  ton pelage

En patte de velours va…

fais la chattemite

 

Miaule une chanson 

danse le tcha-tcha-tcha

 

Il est câlin le croc  de mon malin matou

va ronronner sous les petits coussins caressants  de ses pattes

niche toi

 

Il  les mâchonnera ton pelage

ton cou

 

Mais ne tangue pas trop et feule doucement, Chut !

 

Enchevêtrés au creux de la gouttière .

prenez garde au roulis

Choisissez

de chuter sur la jonchée de feuilles

 

C'est chouette une nuit chaude où chouchoutent les chats

 

 

 

 

 

 

 

 

15/10/2009

Drôle de niche

Il habitait en moi depuis toujours

ou presque

J’avais toujours perçu ce bruissement  sans nom

ce supplément de vie

qui me troublait  parfois

 

Point d’eau qui s’étendait  sans cesse 

flaque de pluie à rejoindre  mes pluies

 

Je me demande

s’il a eu l’impression d’habiter dans mon ailleurs

LUI

 

Un jour de soleil pâle  ou de lune montante

J’ai reconnu des lignes des hiéroglyphes des traits

même pas besoin de Copernic  :  une odeur familière

 

Je l’ai hélé doucement :

 «Hé , toi , je te respire

Je veux savoir pourquoi »

 

Il n’a pas détourné son regard

 

Nous apprenons  à lire maintenant .

 

02/06/2009

Virelai d'aveu d'amour

Virelai je virevolte
Je danse sur ton chemin
Je ramasse ta récolte
et ne lâche pas ta main
Si parfois je me révolte
Virant en un tournemain
Pardonne ma face-volte
Je t'aimerai mieux demain

En virelai virevolte
pour danser l'amour

 

C'est la vie qui nous emporte
En dépit de ce détour
il faut que ton cour supporte
puisque c'est toi mon amour
Prends-moi dans la contre-porte
je t'aime pour ton humour
Mon baiser qui te transporte
empêche ton demi-tour

En virelai virevolte
Tu m'aimes d'amour

 

Toi et moi c'est colle forte
ça fait des jours et des jours
que le fil du temps conforte
nos promesses nos toujours
N'avons pas de feuille morte
et bien peu de contre-jours
Etre deux ça réconforte
J'aime entendre tes bonjours

En virelai virevolte
Nous sommes l'amour.