30/10/2011

Lueurs dansantes entre les stores

I
Murmure syllabes imprécises rebondissements de radicules ridicules  

grincement  d'un accroc décrochement résonance du sentier  d'absence  foulé d'un pas véloce évitement  roulade  d'un caillou tu trébuches déroule ton film en accéléré horizons enfouis dans une  nuit  d'éternité fugace passager de l'imprécision  aveugle tension d'une lumière absente fuyante vertige tu valses verses le vernis craque

II

Frémissements lézardes  émergences soudaines questions résurgentes bégaiements gouailles répétitives l'effluve de  l'eau d'esprit plat à l'aurore naissante  du paysage de Galice  réveille  ta soif de bulles  tu ne trouves ici qu'Albarino  l'aridité du  terrain   ne peut nourrir la délicatesse du Verdello dommage

III

D'elle deux  mots  à peine audibles   tes cils ont résonné  d'un  frémissement d'aile rebondissements  de danse  imperceptible indécence  dense de  sable   indécis d'un repli  l'iris  se plisse  se hisse  soumis tu retrouves l'ennui

 

17/10/2011

éclair de paille

Reflet tremblant

d'une ombre  entrevue

 

Eclair de paille

où s'endormaient

les cavaliers vaincus

 

tu dessines des embuées

 

l'aile d'un éphémère

passe parfois

s'attarde

un  bref instant

 

pour  en graver  la trace

emporter   son envol

vers  des horizons violets

 

 

11:33 Publié dans reflets | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : poesie

16/10/2011

Sans papier...

Exposé là

nu

 

Ils vont le regarder

jauger sa taille et  sa peau

observe

 

Hmmm ! ils vont le respirer

le fouiller 

« pourrait-on l’aimer se  disent ils à l’oreille  ?

ou plutôt nous aimerait-il

nous regarderait-il si …

parlons lui

demandons lui de nous aider

tu sais  ces petits tiroirs en fouillis

lui

Il serait capable de les ranger

il sera heureux que nous lui prêtions attention.

Il  semble  seul  bien petit  au centre de notre domaine

 

c’est vrai  quelle idée de le montrer nu aussi !

 

oui , nos  habits de papier imprimé  nous avantagent 

on a beau dire !

 

il  écrit avec émotion dis-tu ?

haha !! l’émotion ! c’est bien primitif.

 

laissons le  pourquoi le craindre ?

 

Ah tiens il est déjà parti ?

 

NU!!!!
........j'en rêve
.........................Mais........


est-ce bien un spectacle?

...........trop tard mon pote,
..........................trop tard


.........mais au fait,
...................qui à frappé les trois coups?

Si je déchire suivant les pointillés

aurai-je le spectacle   en soirée ?

 

A coup sûr et à tous les coups

le premier coup fut un coup de barre

suivit un grand coup de bambou

et il a sifflé un coup de blanc

 

janvier 2003

14/10/2011

à elle

A  Elle  

 

Le froid t'habite et tu t'es réfugiée contre la cuisinière, tes mains accrochées à la barre qui te protège de la plaque brûlante. La vie voudrait te quitter... où voudrais-tu, toi, la quitter?

Alors la barre que tu retiens et qui te retient te sépare, t'empêche de choisir, te maintient entre la chaleur trop vive du charbon rouge et noir et la dure froideur du carrelage, sous tes pieds, sous tes yeux. Le four est ouvert, te réchauffe, sa porte offre une place tiède et le chien le sait qui vient près de toi s'y asseoir et pose sa tête sur ta hanche. Vous restez, tous deux, inséparables, pendant des heures sans même voir que le crépuscule efface les couleurs.

Le feu, seul, éclaire encore les ombres, les fait danser, mélancoliques. Peut-être vis tu avec les ombres, rien qu'avec elles.

Le chien le sait qui partage avec toi, chaleur de la terre animale, lien entre la vie et la mort. Il nous aime tous : toi, nous, les humains, qui ne comprenons pas ton amour de la nuit, du silence, qui ne savons comment te retenir , t'entraîner dehors vers les arbres, leur parfum, vers le soleil qui te réchaufferait peut être. Mais les mots les vrais, ne sont que dans mes yeux et tu ne les entends pas.

Chaque soir, dès notre retour, nous bousculons tout, interrompons ta mort, allons t'obliger à allumer la lampe, à t'asseoir dans le fauteuil à côté de la petite caisse de carton qui abrite ce jeune poulet que la mort choisit lui aussi. Il essaie parfois de se lever mais ses pattes si faibles ne le portent plus. Son coeur qui bat trop fort fait frémir ses plumes noires et ternes. Il est devenu ton ami. Il se lève à ton approche, vacille.

Tu le vois, ton regard triste le caresse, le reconnaît. Tu le prends, l'installe sur tes genoux où il se sent bien. Vous vous ressemblez, pauvres choses prêtes au départ, vous savez tous les deux que la vie vous quittera bientôt. Etre ensemble vous rassure. Vous avez tout accepté et votre regard est du même flou .Vous attendez, n'avez plus envie que de cette attente.

et je fixe ton regard, cendre incandescente, prête à s'éteindre

Ton regard...Lointain... doux, résigné.

 

13/10/2011

Source tarie

 

Bien trop peu de  rosée sur la plaine trop blanche

 

cendre vive assombrie  qui noircit les sentiers.

 

De l’humus palpitant 

les larmes  ne coulent plus.

 

D’un  rêve déchiré la source est épuisée 

pourtant

sa trace transparente

apaisait les carmins brûlants

d'un village  pressé de vivre

...

Il va  mourir

abreuvé  de silence

 

Elle était le ruisseau

la chanson  d'une eau tiède

parfumée d'un écho  différent chaque jour.