26.10.2009

Note grave

 

trio.jpg

Me reste toujours cette brume

lourde  aux paupières

 

et ta silhouette 

 

lointaine

 

Tu  voudrais  devenir une ombre

 

J'entends cette pensée secrète

ce murmure  dans mon  brouillard

d'imaginaire  et d'incertain

 

Que mon oreille s'assourdissse

que mon tympan soit de velours

 

la cloche  d'une note  grave

me martèle 

comme un tocsin

 

réveille l' oiseau endormi

 

tu sais

   

celui qui

 

        s'était cassé l'aile hier

 

et que tu avais recueilli … 

 

 

perle d'enfance

Yonne auxerre et mon pastel 020.jpg

 

"Dès qu'il poussait une porte une nouvelle vie commencait pour lui."

 

Henri Michaux

 

Cette nuit

j'ai avancé la main

hésitante

 

effrayée  peut être

 

il fallait  enfoncer les portes  lointaines

 

J'ai senti le froid métallique  du gris  des nuages

mon doigt a pénétré

insisté

jusqu'à  frôler la première goutte de pluie

 

Elle tremblait comme une larme

m'a raconté en tombant sur  la pierre

 

qu'elle avait été ma première tristesse

 

Elle  était douce

ténue

                  solidifiée

perle d'enfance

 

                        pierre   oubliée

 

Quand j'ai refermé la porte

Je crois que ma maison a secoué sa vie

 

19.10.2009

Les pages non lues d'Evelyne André Giudici

Les pages non lues tourneront d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.
Sous la flamme d’une vieille chandelle, coulant comme les mots qui trouvent un nouveau sens, j’écris.
J’écris que le printemps doucement m’indiffère, que les astres sont à jamais déliés les uns des autres … la pluie était si douce l’hiver …. L’herbe fauchée d’hier ressemble à la vie s’arrachant à elle-même.
Combien de jours à sillonner les chemins endormis de nos rêves, combien de nuits s’éteignent sans un bruit.
Dans ce lieu, froid et vidé d’humanité, il attend … il attend la lueur vêtue d’une robe noire, élégante et légère … si légère …
Dans la morsure du loup qui l’effrite, dans l’océan qui emplit ses alvéoles … il attend … la soif de l’aube au ventre
Aucun regard n’est à cet instant plus profond que le sien, qui ne voit plus, mais qui sait.
Les feuilles au-dehors bruissent lentement, son visage soudain s’est figé.

Rien.
Il n’y a plus rien à dire.
Rien à écrire.
Rien à penser.
Je n’entends plus sa voix
Je ne sens plus sa peau
Rien que le souvenir de ses cheveux encore tièdes
La tiédeur du presque vivant, la tiédeur des matins tant espérés, la tiédeur de la chair qui ne pourra plus répondre …
J’ai vu mon père se vomir comme on extrait l’âme d’une peau
Avec souffrance, avec conscience, sans que j’aie pu rien y faire
Rien ….
Rien …

Les fleuves coulent leurs huiles bleues et brillantes à la façon du pinceau glissant sur la toile
Mon enfant fait des bulles dans le jardin
Le chien aboie
Les jours s’envolent comme les oiseaux des arbres

Rien
Il ne se passe rien
Rien ne revient
Les saisons s’abandonnent

Et ces pages non lues qui tournent d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.

 

http://ultraviolette.over-blog.com/ 

15.10.2009

Drôle de niche

Il habitait en moi depuis toujours

ou presque

J’avais toujours perçu ce bruissement  sans nom

ce supplément de vie

qui me troublait  parfois

 

Point d’eau qui s’étendait  sans cesse 

flaque de pluie à rejoindre  mes pluies

 

Je me demande

s’il a eu l’impression d’habiter dans mon ailleurs

LUI

 

Un jour de soleil pâle  ou de lune montante

J’ai reconnu des lignes des hiéroglyphes des traits

même pas besoin de Copernic  :  une odeur familière

 

Je l’ai hélé doucement :

 «Hé , toi , je te respire

Je veux savoir pourquoi »

 

Il n’a pas détourné son regard

 

Nous apprenons  à lire maintenant .

 

Internet Biography

INTERNET BIOGRAPHY

 

Il y avait la plume

D'oie d'abord

doigt aussi

pour la saisir

la tremper

dans l'encre de la seiche

 

Il y avait la lettre

le madrigal

qu'on roulait

qu'on cachait

entre les seins

si près du cœur

pour le  relire

 

Puis vint le téléphone

Qui contenait la voix

la musique

et l'artère  battait

à l'entendre

 

On oublia la plume

la lettre

le madrigal

 

et l'oie?

fit du foie gras.

 

On avait plus de sous

On téléphona moins

et on n'écrivait plus.

 

On propulsa très loin

des fusées,  des étoiles

virtuelles

vaisseaux

vers l'inconnu

vers l'inconnue aussi :

La Lune

Alors Pierrot

se sentit dérangé

redescendit sur terre

 

Je me suis laissée dire

qu'il créa Internet

 

Tout est à espérer

ou à désespérer

Du prélude au silence

De la première note

au  miroir de l'essence.

 

Je reviendrai plus tard

Au prochain millénaire

Dire si le clavier

a le vocabulaire

pour nous parler des fables


 

07.10.2009

sommet

 

Fier sous le soleil

neige tendue sur les aiguilles

et là

l’encre bleue d’un coin de ciel

 

Silence assourdissant de grandeur

 

Chaque  pas soulève un langage différent

on voudrait lire l’histoire des glaciers

 

Il faudrait un regard plus haut 

surgirait peut être  le passé endormi un jour 

dans un puits immaculé

 

Les flocons lancent une  partie de neige

ma main assoiffée en  mange une poignée

 

lentement  l’ ombre naît s’imprime

jette un voile sur le roc gelé

 

02.10.2009

GILLIA

 

 

En rêvant de promenades, je me promène, je flâne, j'hésite, je m'arrête... Sur l'autre trottoir, peut-être... La vue... Une rencontre... Je voudrais.... Rêver... de...  J'avance un pas sans regarder. Un véhicule en camaieu de gris et de blanc me barre le passage.

 

Je rêve dans mon rêve, et je n'ai rien vu. Mon nez s'est cogné à la vitre, et je te vois... Tu souris, tu ris même, avec tendresse on dirait... Je recule, ne te quitte pas des yeux. Ton sourire me plaît, il me rappelle... Qui ???  Je connais ce regard bleu, ce regard de ciel. J'ai aimé ce regard... Mais,  qui es-tu ? Je te rends ton sourire, je longe le minibus. La porte arrière est restée entrouverte... Je tente de la fermer, plusieurs fois, en vain. Tu te retournes,  tu ris de nouveau  tu me cries

 

" Laissez donc, aucun danger, c'est un véhicule... Et ton rire s'accentue... Un véhicule...  fabriqué à partir d'un avion... C'est un véhicule..Tu ris, énigmatique.   Ne vous inquiétez pas ! "

 

Mais j'insiste.

 

"J'ai peur !.... Vous êtes en danger! Vous ne pouvez rouler avec une portière ouverte!..."

 

J'essaie à nouveau de glisser cette portière récalcitrante,  qui rebondit pour me narguer...Tu viens , tu ris:

 

 "Je vais vous montrer, c'est simple, il suffit de la coincer: ainsi ! Tu avances l'accoudoir gris et souple du siège arrière dans l'encoignure, puis tu claques la porte...Voilà, vous voyez ? C'est simple ! "

 

Ce bus m'attire, ton sourire aussi. Je te connais, je t'aime, pourquoi ? 

 

"Dans  quelle direction allez-vous ? Pouvez-vous m'emmener ?

-Bien sûr montez!"

 

           Et je m'installe sur la banquette grise, tout au fond, celle qui maintient la porte fermée...  Soudain je m'émerveille: tous les autres sièges sont roses, un rose très doux, légèrement lumineux. Il y a deux autres voyageurs. Je caresse d'un doigt la toile du fauteuil le plus proche de moi; tu te retournes comme si tu m'avais vue et tu souris malicieusement. Tu me répètes:

 

       " Vous voyez,  je vous l'avais dit,  ce bus a été construit avec un avion. Ce n'est pas un bus comme les autres !"

      

           Ton regard non plus n'est pas comme les autres. il a la même luminosité indéfinissable que le tissu des sièges, la luminosité des couchers de soleil quand le crépuscule va bientôt rejoindre la nuit... Tu nous arrêtes sur une petite place, une dame blonde  descend , se dirige vers une pâtisserie. Il y a peu de monde dehors, je regarde l'étalage de cette pâtisserie

 

        .Mais,  je la connais!  J'y venais quand j'étais enfant. Ce ne sont plus les mêmes gâteaux. Maintenant ils sont tous blancs, très appétissants. Il faudra que je pense à revenir. Il faudra que je goûte à ces friandises .J'aurais pu descendre ici, je connais ce quartier, mais tu es déjà au volant. Il faut que je te demande de m'arrêter bientôt....

 

*************

 

... J'ai du continuer ma route... ta route... Je suis éveillée maintenant, dans ma maison. Ma maison qui semble lointaine, floue, j'accomplis les gestes de tous les jours... Je réponds au téléphone...Encore habitée par mon rêve et je le serai tant que je ne saurai pas qui tu es , toi la conductrice de ce bus.  Ce sera je crois une journée de paresse. heureusement je suis seule et libre en ce dimanche. Il y a bien longtemps que je n'ai pas feuilleté les albums de photographies.  

Voilà. Un groupe de fillettes, une école. Gillia!  c'est toi ma meilleure amie. Toi que j'avais oubliée pendant si longtemps. Nous nous aimions tant avec nos coeurs de huit ans.

Et ce jour se lève dans ma mémoire  Ce jour que j'ai nié parce que j'ai voulu efffacer son matin qui était trop plein des mots qui  nous ont annoncé  que tu étais morte. morte trop jeune. Je n'ai même pas pleuré. Je suis restée longtemps seule, appuyée contre le préau pendant les récréations. seule , immobile je n'ai même pas compris que je venais de connaître ma première tristesse.

Je vois tout à coup la page de l'album qui se mouille de mes larmes. des larmes que je n'ai pas senti arriver. Enfin je pleure. Je te pleure. Ce rêve était ma réserve de larmes pour toi.  L'odeur de ton tablier de petite fille se mêle au goût de mes sanglots et peu à peu je sens enfin mon coeur se vider, s'apaiser . Soupir immense, qui tremble.

 Un jour d'il y a vingt ans a voulu renaître; renaître pour qu'enfin je te dise adieu Gillia.

 

**************

 

 Tiens,  le courrier ! Une lettre,  une enveloppe rose! j'ouvre. Non,  ce n'est pas une lettre, c'est une nouvelle: le titre:" Histoire de Gillia."

 

Qui donc m'envoie ce courrier ? Aucune importance, je vais lire l'histoire,  ton histoire...

 

 Gillia! nous étions ensemble sur les bancs de l'école, inséparables et pourtant si différentes. Toi, calme brune aux yeux bleus, je me souviens même de l'odeur de ton tablier, bleu aussi. Tous tes vêtements étaient bleus. Je t'en avais demandé la raison.

 

"Ma mère m'a vouée à la Vierge , " avais-tu répondu . 

 

Oui,  à cette époque cette coutume était répandue. Tu aurais du être protégée ! La Vierge t'a voulue pour elle seule? Ta place,  un matin est restée vide. Mon coeur aussi. Je me sentais comme égarée. Je n'ai pas joué en récréation. Et quand nous sommes remontées en salle de classe, l'institutrice avait les yeux rougis. Elle nous a demandé de nous asseoir, Elle même est restée debout , -  elle savait que je t'aimais, son regard triste a rencontré le mien . Elle nous a annoncé:

 

" Gillia ne viendra plus en classe, elle a rejoint les anges ce matin."

 

 Je n'ai pas pleuré. J'étais vide.  Mon coeur résonnait creux; je n'avais pas de larmes.  Mon coeur ne pouvait pas m'en donner .

A la fin du cours,  l'institutrice m'a appelée. Elle a caressé mes cheveux blonds comme pour en lisser les boucles en désordre.

 

" Tu iras chez Gillia demain matin, tu demanderas à ta maman de t'accompagner si tu veux. La maman de Gillia désire que tu dises au revoir à ton amie."

 

J'ai acquiescé de la tête sans parler; je n'ai rien dit à Maman. Je suis allée seule chez toi . Ta maman m'a embrassée tristement et m'a emmenée près d'une boite tapissée de blanc. Une boîte qui ressemblait à un nuage...!  Et tu étais là, revêtue de la robe d'ange que tu portais à la fête Dieu:  une robe de soie bleue garnie d'un galon d'or. Tes lèvres étaient restées rouges ,  tu semblais dormir. Un ange! Tu étais un ange! ... J'aurais voulu voir ton regard bleu. J'étais fascinée,  je te regardais,  ne pouvais détacher mon regard.

 

"Tu vois, ma petite, Gillia est au ciel maintenant."

 

 J'ai fait oui de la tête et je suis partie machinalement...

 

 

****************

 

 

Je suis là, interdite, les feuiilets entre les mains. Je les ai serrés un peu trop fort ,le coin en est chiffonné;  et je lis:

 

 Un écrivain qui habitait  près du cimetière ou tu reposes a remarqué ta photo et aussi les roses qui embaumaient ta tombe. Il a remarqué qu'elles se fanaient toujours un mois plus tard  que les autres. Il est venu te voir, te parler chaque nuit,  toujours à une heure du matin;  et,  un jour,  tu es venue sur son bureau, tu t'es couchée sur le papier, tu l'as regardé et il t'a aimée. Il t'a tant aimée Gillia! Il ne dormait plus,  restait avec toi toute la nuit et il a réinventé ton histoire.Tu as grandi. Devenue femme,  tu l'as aimé à ton tour... Et cet amour te fait revivre chaque nuit....

 

Tu te promenais donc dans le village de notre enfance!  Il était une heure du matin.... Je t'ai rencontrée dans mon rêve, dans le tien! Celui qui t'a aimée  était dans le bus! Je m'en souviens maintenant! Nous sommes restés trois dans ce bus....

 

Qui m'a envoyé ces feuillets? Je tremble d'émotion. Qui m'a retrouvée ? Lui ? Toi ? Te retrouverai-je la nuit prochaine ? Suis-je encore avec vous dans ce véhicule extraordinaire ?

 

Je suis ouatée,  ici et ailleurs, dédoublée... Je vois sans cesse ton sourire... Que feras-tu de moi ? Tu me donnais tant d'amitié, de bonheur, fraîcheur des amitiés enfantines. Me donneras-tu quelquechose? Une fleur, un rêve?..

 

Un avion, disais-tu! où as-tu trouvé cet avion? entre deux nuages, peut-être?

 

Chaque jour je viendrai te voir ici. N'oublie pas. Quand je t'appellerai tu me parleras, dis, tu veux bien ? Nous n'avons plus de devoirs à faire maintenant petite amie, nous pouvons jouer, rêver, rire

 

****************

 

" Je sens ton appel Gillia!...  Où allais-tu cette nuit, dans cette voiture folle? Où t'enfuyais-tu?"...

 

                                                              *****************

 

 

           ..." Patiente! ... Je ne peux te voir qu'au gré du soleil, du vent, des remous de ton âme...Je...suis restée trop longtemps avec toi...cette nuit...Tant...de signes à te donner....Trop longtemps...

 

A bientôt!.....Au crépuscule....Peut-être...Je t'aime...J'aime nos souvenirs...

          

***************                                                                                                                                         

 

....Ainsi tu m'as reconnue...enfin! Quand j'ai tiré à moi la couverture du soleil pour la déposer  sur l'étang que tu aimes, elle était si pesante, je l'avais voulue trop belle. Je n'ai pu en émerger pour t'apparaître... J'avais emporté deux des couleurs du soleil: l'aurore et le crépuscule, l'or  pâle et le rose; j'ai pu tendre à la surface un calice, que j'avais réussi à dessiner pour toi. O! comme j'ai été heureuse de ton émerveillement.! Tu as pressenti la présence des mains aimées sur ce calice. 

 

Puisque je ne pouvais encore matérialiser ma présence auprès de toi,  j'ai voulu que ce soit lui qui te donne ce gage de mon souvenir,Ecoute plutôt...

 

Sais-tu ? Oui tu le sais. Je t'ai entendue le lui dire, j'ai lu aussi ton poème.  Sais-tu,  amie fidèle,  que ta maman est près de moi, sur le nuage blanc qui m'abrite ? Tu as appelé ce nuage le pays de la poésie, nous  en avons été très amusées., Sais-tu que depuis plusieurs années nous veillons sur toi ? Nous avons reconnu cet homme,  tu avais raison,  et avons enfin trouvé un moyen pour te mettre en sa présence. Pardon de t'avoir bouleversée, nous pouvons te guider mais pas t'expliquer.

 

Tu t'étais égarée, amie, la réussite, les honneurs de cette terre ne sont pas pour toi. Tu es faite pour le rêve, pour aimer. Si tu veux écrire,  tu le feras sous notre dictée, tu verras

Il n'y avait rien encore dans le calice; sa beauté t'a comblée.  Il était le reflet de notre amour à toutes les deux. Ta maman a trouvé le regard où s' abriter sa tendresse et elle reçoit de toi tout l'amour que tu donnes à cet homme.

 

Vis les instants que nous t'offrons,  vis, tu as droit au rêve , au bonheur, à la joie même, accepte et tu sauras bientôt ce que contient le calice ... Je suis restée trop longtemps, Princesse, je pars ... A bientôt, au prochain caprice du soleil...               Gillia.

 

                  *****

 

Gillia !  Tu m'as appelée Princesse !   Qui t'a dit ? Maman ? L'image de ton sourire m'envahit, ton regard devient taquin... O Gillia ! Dis moi ...Maman...ou...Lui, lui mon Prince... O si tu le rencontres, dis lui... Je regrette tant... J'aurais tant voulu lui dire cet adieu... J'aurais tant voulu l'aimer encore un peu... Ma promesse était sincère...Quand je suis venue pour le voir on m'a dit qu'il ...Que son âme l'avait quitté... Lui , Son âme m'avait attendue pour me dire adieu !... c'est cela n'est-ce pas, ces quelques instants sur ses genoux comme quand j'étais petite fille,  c'était un adieu, son adieu, et il ne m'a rien dit. Sait-il que je ne l'ai jamais oublié ? sait-il ?

 

*****

 

Chut ! Tu auras la surprise. Tu reconnaîtras bientôt un regard, seulement un regard, bientôt...bientôt...Ta maman éclate de rire près de moi.

 Tu sais ici, sur ce nuage,  l'âge n'existe pas . Nous sommes des enfants, toutes les deux et Jane est si heureuse, surtout depuis qu'elle peut goûter à toi , Tu verras, tu retrouveras aussi la pureté de l'enfance....   Un regard bleu  Princesse... souviens-toi!  Un regard bleu!  Seulement un regard.

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