02.09.2009

Yves Heurté

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XVI

 

Où cours-tu ?

Ni le châle infini du vent

ni le temps qui s'ébouole

ne se donnent au passant.

 

Quand tu te lèveras

après les jeux du sexe

le désert n'aura pas changé

la moindre de ses pierres.

 

L'absolu n'est ici d'aucune politesse.

La mort ne repeint pas ses lèvres

aux fleurs des citronelles.

 

 

Où cours-tu ?

 

 

" Je vais .

            Tout marcheur est un lieu d'amour …"

 

                        XXI

 

Il descendit la chaîne de mots

Au fond dupuits un choc étrange

Dieu buvait .

 

Extraits  de " Carnet Tibétain " (Rougerie )

 

 

L'enfant, l'oiseau

 

Un enfant assis sur les ruines

ne pleure plus.

Il tient l'oiseau tué par balle

perdue.

Au ciel, il y avait bien plus de balles

que d'oiseaux.

 

Deux ombres

 

         Il est à Hiroshima un pignon noirci où se

découpent encore les formes en blanc de deux

amants.  Elle semblait  tenir une ombrelle,  lui

une  casquette  d'ouvrier.  Leurs lèvres allaient

se rejoindre  quand la bombe…

        Ils  furent  faits   cendre  en  plein  baiser,

laissant   au  mur  son    négatif,   comme   ces

plaques argentées où d'anciens photographes

amaient fixer l'histoire.

Dans  la gueule d'ombres  (Editinter)

 

http://yves.heurte.free.fr/

 

 

 

 

 

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