23.12.2008

un Noël d'aujourd'hui

second essai.gif

 

 

 

 Elle se nomme Luciana !  je  la vois souvent sortir, comme aujourd'hui,  de la vieille maison blottie derrière l'église. Pourtant je ne la vois jamais à la messe. On se sent si bien dans son sourire que j'ose lui poser cette question qui m'obsède :

            "Pourquoi ne venez vous pas à l'église avec nous? Vous ne croyez pas en Dieu?"

 Ses yeux bleus, immenses , purs comme un lac de montagne, s'étonnent

"Croire en Dieu? je ne sais pas! Quelle importance?"

Quelques notes d'un rire de source fraîche   accompagnent  son pas léger, rapide , qui l'éloigne.  Je garde précieusement quelques instants  son petit signe d'au revoir.

 

J'entre à mon tour dans la maison. Une  très  vieille dame , Mathilde   habite là.  Elle a  été ma nourrice. Et je ne pense jamais à aller la voir. mes pas sont à la fois hésitants  et lourds de cette culpabilité qui vient de m'envahir. 

 

Je sens aussitôt  que la présence de Luciana    reste imprimée ici.   On dirait   que la pièce est noyée de bleu . Des fleurs des champs ensoleillent la commode. Des tissus  colorés sont  disposés çà et là en taches souriantes. Mathilde a  du rêve dans le regard.

 

Soudain  je me   demande si Dieu ne s'installe pas ou bon lui semble. Si sa présence  éternelle  ne nous devient  pas  alors évidente ,   quel que soit l'abri qu'Il a choisi, même le plus humble. N'a-t-il pas souhaité que son Fils bien aimé voie le jour dans la plus humble des crèches?

 

La marque de la  grâce , comme celle de  la vérité,  serait - elle   ignorée du commun des mortels ?

 

Je suis décontenancée,  immobile . Je n'ai  même pas pensé à apporter une friandise à ma nourrice. Mes mains vides m'embarrassent .  Ce matin,  je n'ai vraiment pensé qu'à Dieu, ou plutôt à me préparer pour la communion, la messe : malgré cela où plutôt à cause de cela ,  bizarrement, je me sens  égoïste.

 

Car voilà qu'ici Dieu me parle. je l'entends enfin. Avec lui, avec sa grâce, j'ose prendre Mathilde dans mes bras , couvrir de baisers son visage parcheminé qui  se noie doucement de larmes de tendresse. .

 

En sortant, je vois Martin et Luciana . Ils sont enlacés.    Chacun , de sa main restée libre porte un panier. Ils devisent , rient, leurs yeux unis dans la même clarté. Il me semble qu'un halo les isole du reste du monde.

 

La jeune femme me reconnaît ?  me sourit .

"Vous êtes allé voir Mathilde ?  Enfin ! Comme elle doit être heureuse !  Savez vous qu'elle me parle de vous très souvent?  Nous allons lui porter un repas ! elle a tant de difficultés pour marcher ! elle perd aussi un peu la tête vous savez!"

Martin sourit avec une indulgence teintée de fierté:

" Je vois que vous connaissez  ma Luciana! Elle ne pense qu'à faire plaisir et cela la rend si heureuse! les paniers sont lourds alors je l'accompagne!"

Luciana rougit soudain regarde son compagnon avec une expression de tendre reproche et pose sa main sur sa bouche. Il sourit et   enferme un baiser rapide dans  la paume fraîche.

Je  contemple  ce couple : cette réalité de l'amour.

"Quelqu'un vous attend? me demandent-ils

"Revenez avec nous chez Mathilde , ensuite nous vous proposons de partager notre repas."

 

Sans hésitation, sans un mot, je les accompagne.

Il me faut comprendre le pourquoi de cette fascination, connaître la raison qui m'a guidée vers ces jeunes gens, aujourd'hui, veille de Noël , Luciana et Martin,  ils sont mon étoile, ma lumière neuve , un sourire de Dieu,  son message, son cadeau,   je le pressens.

µµµµµµµ

 

Je me suis assise à la table. J'ai bu un verre de vin. J'ose  renouveler ma question qui s'adresse aussi à Martin, le compagnon de Luciana.

"Vous, qui portez l'amour en votre regard , en tout votre être! Croyez-vous en Dieu? je ne vous vois jamais à l'église!"

C'est elle qui    répond  la première, simplement:

"Dieu, Qui est-il?  Je ne sais pas. mais, quand j'étais petite on me disait Dieu est partout. on me disait Dieu est en nous. Alors j'ai regardé autour de moi pour le voir. J'ai la passion des battements de cœur aussi...s'ils étaient sa parole?

Quelqu'un   m'a dit  plus tard  : Dieu est amour .  Depuis,  pour le trouver, je cherche l'amour. "

 

Leurs yeux de nouveau sont rejoints et il me semble la voir scintiller la petite étoile.

 

Martin se lève ; Fièrement il ajoute :  

 

"L'amour est dans la terre qui nourrit les racines de l'arbre. il est dans le ciel qui nous offre la pluie et le soleil."

 L'amour  sera bientôt   notre enfant qui va naître."

 

Je  plie ma serviette, me   lève doucement  Je sors   sans bruit pour les laisser préparer la venue de celui qui sera  bientôt.

 

Leur berceau grandit ,  prêt à accueillir l'amour devenu assez grand pour y dormir.

 

Le miracle de Noël va s'accomplir.

Il est au fond du berceau .

Il illumine le fond du panier.  chez ma douce Mathilde.

 

µµµµµµµµ

 

Le bonheur a la forme d'un berceau qui attend que l'amour devienne assez grand pour y dormir.

 

22.12.2008

juste avant Noël

images.jpgPensées en vadrouille

parmi les regards que j'aime

mains chocolatées

21.12.2008

aurore de Noël

 photos de décembre hélène 009.jpgL’ aurore  a trop bu de pluie

elle est tout à fait grise

 

L’horizon tangue

dans un bleu délavé

 

Les arbres rêvent

d’être noirs d’oiseaux.

 

Une main de neige bientôt

taira la bouche des sources

 

Les étoiles chuchotent au vent :

«Ouvre nous   la nuit de Noël » 

 

19.12.2008

Chemin clair

IMG_1582.jpg

On finit par des pierres : **

 en bâtir des murs blancs

 dessiner un monde

pour y planter la vie

 

Une vie toute neuve

où grandirait l'enfant

caressé par  le souffle salé

de l'océan

 

Nourri par le soleil

il entendrait l'oiseau

 l'insecte

Et

peut être les algues qui tanguent doucement

calmes

 dans la douceur lointaine  des grands fonds

 

Les mots seraient de trop

quelquefois

L'écho des premiers jours

suffirait pour apprendre

 

Ce matin là  peut être

il  aurait rencontré

un homme

pas n'importe lequel

Non!!

 

Un homme

 au beau regard étendu

 et  profond

Un homme  au front de mer

 

un traceur de chemins

l'enfant avancerait enfin

 

main dans la sienne

 

**JJD

 

08.12.2008

Comme...

 

Hyeres ce nuage.jpgComme couler

doucement

Comme ne  pas savoir

pourquoi

 

Parce qu’on rencontre un récif oublié

depuis longtemps

 

Essayer de flotter en silence

n’entendre que le murmure d’eau

 

Oublier  la terre les  arbres

la folie et la mécanique

le croassement du  corbeau

 

Quand on atteindra le fond

alors  taper du pied

 

Les sables ne sont pas vengeurs

Ils n’ont pas la mémoire

des mensonges et des fantasmes

 

ils oeuvrent à devenir pierres

traces de vie

vérité

pure

 

 

 

 

07.12.2008

Ciel vide

lac pour Gert 022.jpg On avait dessiné un ciel

Vide

Transparent

Comme un vertige

 

 

 

 

 

 

Y sont arrivés

Orages,

nuages de passage

Eclairs

 

Tornades

et ce coucher de soleil

qui illuminait une illusion

une étoile

 

c’était le

 

cadeau du ciel

On n’y a jamais cru

 

On a dessiné ce ciel

Vide

Transparent

Grisant

Comme un vertige

 

Une tornade destinée

 

A mourir

On l’avait toujours su

On se taisait

On riait

Ou on

Pleurait en silence

 

Personne ne l’a su

 

Jamais

 

On mourra

En secret

Avec l’Etoile

de Noël

 

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