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26.03.2008

Les "écorces" de Claude Esteban

Claude Esteban  écrit des " écorces "  elles ressemblent  tant à des haïku .

 J'ai pourtant aimé qu'il les différencie , les nomme autrement. Plus je réfléchis à la poésie japonaise et plus je pense que nous ne pourrons jamais  respecter tout à fait son rythme. Que trop de mots nous deviennent interdits. parfois  les dix sept syllabes nous viennent , comme ça et le poème respire bien , un souffle juste. parfois aussi il est plus court  et douze syllabes lui suffisent.

voici donc quelques "écorces"  de Claude Esteban :

Ce soir, même une feuille

qui bouge

fait trop de bruit.

 

 Au premier mot

j'ai compris que je faisais fausse route

dans ma bouche

Ni l'équerre ni le compas

n'ont pu mesurer

un arbre .

N'ajoute pas de la poussière

à la poussière

laisse devant la chambre tes souliers.

Peut-être qu'on respire encore

sous les racines

et que le ciel oublie

Quelqu'un crie

que tout est noir , mais c'est dans sa tête

qu'il se cogne

Dans la mémoire des autres

nos blessures

guérissent toujours

 

J'ai compté sept gouttes de pluie

sur un pétale

sept bonnes pensées

Je porterai

le temps sur l'épaule

pour marcher mieux

la lumière qu'on cherchait

ensemble

n'est plus jamais revenue

A moi, rien qu'à moi

je ne partage avec personne

querelle de moineaux

ce papillon je l'ai vu

dans un autre rêve

il y a mille ans

A ne désaltérer que l'absolu

l'eau

devient sèche

Il se trompe  le soleil

il écrit chaque jour

de droite à gauche

Et sur le mur

cette ombre

qui n'appartient à personne

Cette rumeur , c'est peut être

une étoile

tombée dans l'herbe

Au temps de l'encrier

même les mots

avaient une odeur violette

Avant de quitter le jardin

il embrassa

l'écorce d'un saule

et dans le recueil il conclut de cette façon :

"Il faut conclure

dix sept syllabes

c'est trop, ce n'est pas assez. "

Commentaires

Tout ceci est bien beau et laisse songeur.

"Quelqu'un crie
que tout est noir , mais c'est dans sa tête
qu'il se cogne"

à méditer.....

Ecrit par : lutin | 28.03.2008

oui à l'opposé de Ryokan Esteban respecte le rythme mais a une écriture poétique à la française
c'est magnifique c'est un poète que j'apprécie beaucoup
et le passage que tu cites est magnifique
souvent nous nous " cognons " dans notre tête...

Ecrit par : adeline | 28.03.2008

Hélène,Adeline

Je suis tombé aussi sur ces "haikus" de Claude Esteban. C'est en effet très beau, mais à l'orée du haïku. Je comprends qu'il dise "trop peu" car occidental, il ressent la frustration que nous ressentons un peu tous, de n'avoir pas assez de place pour se dire, pour dire plus...

Merci à toi


Philippe

Ecrit par : achourit12 | 05.04.2008

es tu haïkiste ou poète ... ou les deux??


comme moi , mais je le fais modestement.

tu n'as pas de blog?
à bientôt j'espère .

Ecrit par : adeline | 05.04.2008

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