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30.12.2007
MEILLEURS VOEUX
14:52 Publié dans message | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature, photographies, arts
27.12.2007
comme un pays perdu
Plaine immense
à perte de vue
dans des temps reculés
J'y étais retournée
Loin
Si loin de toi
Et pourtant ta présence insistait lancinante
je m'y accrochais
J'inventais des clichés d'iris et de carton
Je mitraillais l'azur
pour emporter l'image de cette plaine
ombre d'âme
minuscule
perdue
prisonnière dans cet espace pourtant sans murs

10:53 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
15.12.2007
Limons

Limons
Richesse
vie profonde , qui commande.
Se laisser emporter
fermer les yeux sur les secrets de l’univers
tout est sables mers intérieures
monde d'origines
solitude peut être
Tant pis
Traces de pas dans mon désert
et mirage d’une oasis
son eau est sel de larmes
Toujours le flou d’une présence
un renouveau
multiplié
tu en es l’image
le souffle
tout est en toi
tout est en moi
je suis là et
tu es là bas
Mais une vague tourne
emporte
les joies et les mélancolies
La fuir je crois
serait folie
23:30 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
07.12.2007
cueillir
J’allais cueillir des mots
tous en désordre
Ils se trempaient de pleurs
se poudraient
de blancheur juste souillée parfois
du flottement d’un chiffre
en transparence
d’un oubli vagabond
Je les voulais
posés sur l’écorce
clarté nacrée d’un bouleau
Certains
dansaient en pas légers
en conversant avec des feuilles
D’autres étaient pierres brisées
délaissées
grises dans les sables
J’aurais voulu pour eux des lianes
ou la toile d’une araignée
Les suspendre à des souvenirs
breloques frêles
Les voir glisser d’un poids léger
jusqu’aux veines
d’un marbre antique où se glisser
empreindre une page d’histoire
15:15 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
05.12.2007
Art et Birmanie
http://poesie-sous-roche.hautetfort.com/
l'art au service de la BIRMANIE
http://www.birmanie.ch/Projets.htm
Je vous invite à visiter ces deux pages.
Découvrir l ce projet magnifique et la participation
Talentueuse de CHRISTINE DOUCET dont nous pouvons
être fiers dans notre cercle de poètes
les courageux peuvent laisser un message sur ce blog ou ici peut êtreMerci
Poeticamitié
Adeline
10:20 Publié dans message | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature, photographies, arts
04.12.2007
Al et la rivière
Elle était belle cette jambe longue balancée par les ondes : de l'opale qu'embrumait l'étonnement, écaille de phyllade, Al ne vit d'abord que cette œuvre d'art, caressée par l'eau qui murmurait doucement. Al était le pêcheur poète , c'est ainsi qu'on l'appelait au village. Son regard était resté vague depuis la mort de Milie embrumé définitivement par les larmes qu'il n'avait pas versées. Le cœur du pêcheur se mit à battre . L'angoisse trop douce s'installa dans sa poitrine. Il voulait arrêter le temps le temps qui lui rendait le souvenir de la jambe de Milie.
Milie et Al étaient nés presque ensemble. Les fermes de leurs parents étaient à cent mètres l'une de l'autre. Les champs étaient contigus longés par la rivière. Elégante rivière parée d'arbres qui embaumaient au printemps ; Y scintillaient des alevins argentés.
Les deux bambins s'échappaient souvent , couraient vers l'eau. Le fossé heureusement formait un petit talus qui freinait leurs petites jambes impatientes. Leurs mères étaient effrayées mais que faire ! Impossible de suivre les enfants partout quand la récolte est prête et qu'il faut ramasser le foin. Elles avaient donc décidé d'encourager cette'amitié toute neuve et les avaient confiés l'un à l'autre. Très fiers, regard brillant, ils avaient promis de veiller l'un sur Milie l'autre sur Al. . .
Ils ne se quittaient jamais. Al avait bientôt coupé ses boucles blondes et Milie laissé en liberté sa chevelure de miel à l’image de la rivière baignée par le soleil. On leur avait offert des cannes à pêche et à chaque moment de liberté ils partaient appâter les poissons pour se retrouver le lendemain à l'aube et cueillir leurs trésors. Le dimanche bien souvent réunissait les deux familles et on grillait riant et chantant truites, brochets et lavarets.
Ils s'épousèrent l'année de leurs vingt ans.
Milie n'aimait pas trop les travaux de la ferme. Elle partit en ville servir dans le restaurant face à la mairie. Al restait pour aider ses parents et comme il était souvent seul , son goût pour la pêche était devenu une véritable passion. Il acheta une barque et on le voyait souvent, solitaire , sifflotant doucement , qui longeait les berges de la Dranse.
Ils n'eurent pas d'enfant . Elle disait à Al : “C’est toi, c'est toi mon enfant , c'est toi que j'aime, seulement toi mon pêcheur poète. "
Un soir elle rentra très fatiguée. Elle alla s'allonger de bonne heure; Al était encore sur la rivière . Il pêchait à la lampe.
Quand il rentra il la trouva endormie, sourit, ne s'inquiéta pas, partit lui aussi se coucher sans s'apercevoir de la fièvre qui enflammait le front de sa compagne
Le lendemain matin il la trouva pâle, grelottante. Le médecin arriva trop tard. Milie mourut.
Al était plutôt taciturne. Son teint devint gris. Il grommelait, seul. Les voisins essayaient de le questionner mais il répondait “Laissez-moi, je vais bien; je préfère la pêche". L'hiver on le voyait assis devant sa fenêtre. Il écrivait des pages, des pages. C'est ainsi qu'on l'avait surnommé le poète de la rivière.
…
Al, ce soir- là regardait la jambe. Le pied d'abord, les ongles de nacre, il s'attardait voulait goûter doucement au plaisir de la redécouverte.. Il faisait tout lentement Al. "Le plaisir est un trésor , disait -il , il faut prendre le temps de le vivre... " Son regard remonta le long du mollet , de la cuisse que caressaient les branches d'un arbre. L'autre jambe était voilée d'une mousseline transparente qui s'échappait doucement en écharpe autour d'une branche. Al était émerveillé. "Milie! " Elle est devenue l'ondine de la Dranse ?", pensait-il... Des larmes de tendresse descendaient le long de ses joues, s'échouaient dans sa barbe. Il en oubliait les rames de son embarcation, avançait vers l'ondine. Le chant des oiseaux l'accompagnait . Il n'entendait plus que l'eau, la nature ,le bruissement des feuilles. Il appelait doucement :"Milie, Milie, viens !!! ".
La barque fut secouée quand elle rencontra le corps de la baigneuse. Al manqua de glisser et reprit un peu ses esprits. . . Un corps de femme était là dans la rivière. Il poussa un cri qui resta étouffé dans sa poitrine . Il s'évanouit.
L'endroit était désert. Le soleil éclairait ce spectacle d'un autre monde : un corps d'ondine blotti contre la barque de Robinson.
Cette journée d'août avait été chaude. Les nuages, s'étaient accumulés peu à peu noircissaient maintenant la forêt. La rivière s'agitait, berçait la barque et la femme.
Un éclair illumina une dernière fois le tableau. La foudre tomba sur le peuplier voisin. Al eut un sursaut.
Quelques jours plus tard, un vagabond passait par là. Il découvrit Al et le fantôme de Milie . Les deux amants unis dans leur rivière. . . Pour toujours.
11:55 Publié dans nouvelles | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature




