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30.12.2007

MEILLEURS VOEUX

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27.12.2007

comme un pays perdu

Plaine immense

à perte de vue

dans des temps reculés

J'y étais retournée

Loin

Si loin de toi

Et pourtant ta présence  insistait lancinante

 je m'y accrochais

J'inventais des  clichés d'iris et de carton

Je mitraillais l'azur

pour emporter l'image de cette plaine

ombre d'âme

minuscule

perdue

prisonnière dans cet espace pourtant sans murs

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15.12.2007

Limons

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Limons

Richesse

vie profonde , qui commande.

 

Se laisser emporter

fermer les yeux sur les secrets de l’univers  

tout est sables mers intérieures

monde d'origines

solitude peut être

Tant pis

 

Traces de pas dans mon désert

et  mirage d’une oasis

son eau est sel de larmes

Toujours le flou d’une présence

un renouveau

multiplié 

tu en es l’image

le souffle

tout est en toi

tout est en moi

je suis là et

tu es là bas

 

Mais une vague tourne

emporte

les joies et les mélancolies

 

La  fuir je crois

serait folie

 

07.12.2007

cueillir

86142fcea479bf3820ff866d60310ccf.jpgJ’allais cueillir des mots

tous en désordre

Ils se trempaient de pleurs

se poudraient

de blancheur juste souillée parfois

du flottement d’un chiffre

en transparence

d’un oubli vagabond

Je les voulais

posés sur l’écorce

clarté nacrée d’un bouleau

Certains

dansaient en pas légers

en conversant avec des feuilles

 

D’autres étaient pierres brisées

délaissées

grises dans les sables

J’aurais voulu pour eux des lianes

ou la toile d’une araignée

 

Les suspendre à des  souvenirs

breloques frêles

Les voir glisser d’un poids léger

jusqu’aux veines

d’un marbre antique où se glisser

empreindre une page d’histoire  

 

05.12.2007

Art et Birmanie

http://poesie-sous-roche.hautetfort.com/

l'art au service de la BIRMANIE

http://www.birmanie.ch/Projets.htm

Je vous invite à visiter  ces deux  pages.

Découvrir l ce projet magnifique et la participation

Talentueuse de CHRISTINE DOUCET  dont nous pouvons

être fiers dans notre cercle de poètes

les courageux peuvent laisser un message sur ce blog ou ici peut être 

Merci

Poeticamitié 

Adeline

                               

04.12.2007

Al et la rivière

Elle était belle cette jambe longue balancée par les ondes : de l'opale qu'embrumait l'étonnement, écaille de phyllade, Al ne vit d'abord que cette œuvre d'art, caressée par l'eau qui murmurait doucement. Al était le pêcheur poète , c'est ainsi qu'on l'appelait au village. Son regard était resté vague depuis la mort de Milie embrumé définitivement par les larmes qu'il n'avait pas versées. Le cœur du pêcheur se mit à battre . L'angoisse trop douce s'installa dans sa poitrine. Il voulait arrêter le temps le temps qui lui rendait le souvenir de la jambe de Milie.

Milie et Al étaient nés presque ensemble. Les fermes de leurs parents étaient à cent mètres l'une de l'autre. Les champs étaient contigus  longés par la rivière. Elégante rivière parée d'arbres qui embaumaient au printemps ; Y scintillaient des alevins argentés.

Les deux bambins s'échappaient souvent , couraient vers l'eau. Le fossé heureusement formait un petit talus qui freinait leurs petites jambes impatientes. Leurs mères étaient effrayées mais que faire ! Impossible de suivre les enfants partout quand la récolte est prête et qu'il faut ramasser le foin. Elles avaient donc décidé d'encourager cette'amitié toute neuve et les avaient confiés l'un à l'autre.  Très fiers, regard brillant, ils avaient promis de veiller l'un sur Milie l'autre sur Al. . .

Ils ne se quittaient jamais. Al avait bientôt  coupé ses boucles blondes et Milie laissé en liberté sa chevelure de miel à l’image  de la rivière baignée par le soleil. On leur avait offert des cannes à pêche et à chaque moment de liberté   ils partaient appâter les poissons pour se retrouver le lendemain à l'aube et cueillir leurs trésors. Le dimanche bien souvent réunissait les deux familles et on grillait riant et chantant truites, brochets et lavarets.
 

 Ils s'épousèrent l'année de leurs vingt ans. 

 Milie n'aimait pas trop les travaux de la ferme. Elle partit en ville servir dans le restaurant face à la mairie. Al restait pour aider ses parents et comme il était souvent seul , son goût pour la pêche était devenu une véritable passion. Il acheta une barque et on le voyait souvent, solitaire , sifflotant doucement , qui longeait les berges de la Dranse.

Ils n'eurent    pas d'enfant .  Elle disait à Al : “C’est toi, c'est toi mon enfant , c'est toi que j'aime, seulement toi mon pêcheur poète. " 

 Un soir elle rentra très fatiguée. Elle alla s'allonger de bonne heure; Al était encore sur la rivière . Il  pêchait à la lampe. 

 Quand il rentra il la trouva endormie, sourit, ne s'inquiéta pas, partit lui aussi se coucher sans s'apercevoir de la fièvre qui enflammait le front de sa compagne 

 Le lendemain matin il la trouva pâle, grelottante. Le médecin arriva trop tard. Milie mourut.

Al était plutôt taciturne. Son teint devint gris. Il grommelait, seul. Les voisins essayaient de le questionner mais il répondait “Laissez-moi, je vais bien; je préfère la pêche". L'hiver on le voyait assis devant sa fenêtre. Il écrivait des pages, des pages. C'est ainsi qu'on l'avait surnommé le poète de la rivière.

…  

Al, ce  soir- là regardait la jambe. Le pied d'abord, les ongles de nacre, il s'attardait voulait goûter doucement au plaisir de la redécouverte.. Il faisait tout lentement Al.  "Le plaisir est un trésor , disait -il , il faut prendre le temps de le vivre... "  Son regard remonta le long du mollet , de la cuisse que caressaient les branches d'un arbre. L'autre jambe était voilée d'une mousseline transparente qui s'échappait doucement en écharpe autour d'une branche. Al était émerveillé.  "Milie! " Elle est devenue l'ondine de la Dranse ?", pensait-il... Des larmes de tendresse descendaient le long de ses joues, s'échouaient dans sa barbe. Il en oubliait les rames de son embarcation, avançait vers l'ondine. Le chant des oiseaux l'accompagnait . Il n'entendait plus que l'eau, la nature ,le bruissement des feuilles. Il appelait doucement :"Milie, Milie, viens !!! ".

La barque fut secouée quand elle rencontra le corps de la baigneuse. Al manqua de glisser et reprit un peu ses esprits. . . Un corps de femme était là dans la rivière. Il  poussa un cri qui resta étouffé dans sa poitrine . Il s'évanouit.

L'endroit était désert. Le soleil éclairait ce spectacle d'un autre monde : un corps d'ondine blotti contre la barque de Robinson.

Cette journée  d'août avait été chaude. Les nuages, s'étaient accumulés peu à peu noircissaient maintenant la forêt. La rivière s'agitait, berçait la barque et la femme.

Un éclair illumina une dernière fois le tableau. La foudre tomba sur le peuplier voisin.  Al eut un sursaut.

Quelques jours plus tard, un vagabond passait par là. Il découvrit Al et le fantôme de Milie . Les deux amants unis dans leur rivière. . . Pour toujours.

 



 

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