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26.10.2007
Regards sur la montagne

Blancs, laiteux blottis au creux des cimes
les nuages se délassent dans ton berceau
Rapprochés
ils jouent à imiter la mer
Fascinée par cette image de quiétude
je m’attarde immobile
comme ce ciel lourd et sombre
assoupi
suspendu à l’attente de la pluie
L’air est humide et je frissonne
l’automne jaloux m’interpelle
J’avais oublié sa flamme
ses ors, les pourpres de sa passion
Je reprends mon pas sur le sentier
J’imprime chaque image
Je n’oublie pas
le bleu d’une trouée
d’un éclat de soleil elle envoie
une oeillade à un arbre roux
Plus loin le chant d’une cascade
appelle mon regard
vers l’allégresse d’un ruisseau
son lait de jade pâle
ses blancheurs laiteuses
qui caressent les pierres
Ma pensée connaît sans la goûter
la fraîcheur pure de sa danse
Le vent frais cueille ses parfums
pour me les offrir en partage
…
Mes chaussures me blessaient tout à l’heure
ce miracle a effacé la douleur
je presse le pas rejoins mon groupe
Ils marchent bien trop vite
n’ont rien vu rien entendu rien respiré
Voulez vous s’il vous plaît leur dire
que la montagne offre ses joies
à qui s’attarde à la goûter
15:35 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
25.10.2007
L'INNOCENT

Vers le ciel s’élève la guillotine
comme la croix
Rédemption par la mort
Pensée coupée des membres
Non ! Il crie il ne veut pas mourir
l’innocence ne cherche pas rédemption
Il franchit de ses mains déchirées
les grilles
le mur
l’angoisse nourrit en lui la force
Double vie
Il a couru couru
Il entre dans la nef
Il fait sombre
Seules quelques bougies dans un chandelier rococo
Orgues vibrantes en résonance
Souvenir d’un poème
d’une prière
Des mots qui font le froid le chaud
Mort Amour
Il a faim
Il a peur
Il va Mourir quand même
Alors…
TOMBE .
15:10 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
19.10.2007
allez encore un je ne résiste pas
A quoi penses-tu ?
Je pense que l'on boit beaucoup plus lorsqu' on est servi dans un grand verre
A quoi penses-tu ?
Je pense qu'ouvre toujours la bouche en donnant à manger à la cuillère à un bébé
A quoi penses-tu ?
Je pense que Hitler aura au moins servi à prouver qu'aimer les chiens ne prouve rien
A quoi penses-tu ?
Je pense que j'aurais mieux fait de fermer ma gueule
A quoi penses-tu ?
Je pense qu'il y a quelque chose de surnaturel dans la propension du fil du téléphone à s'enrouler tout seul
A quoi penses-tu ?
Je pense à toi.
A quoi penses-tu ?
Je pense que j'ai du mal à dormir quand je prends un café le soir, et pourtant, c'est chaque fois pareil, j'en prends un.
A quoi penses-tu ?
Je pense que je suis triste et je ne sais pas pourquoi.
A quoi penses-tu ?
Je pense que quand j'étais gosse, j'écrivais au Père Noël, et qu'aujourd'hui encore, il m'arrive d'imaginer les trois souhaits que je souhaiterais voir exaucés si je rencontrais une fée.
A quoi penses-tu ?
Je pense que l'éphémère, c'est con, mais ça ne dure jamais.
A quoi penses-tu ?
Je pense qu'aucune chenille ne se doute qu'elle sera un jour papillon.
A quoi penses-tu ?
Je pense que l'oreille absolue existe, mais pas le nez absolu, ni l'oeil absolu, ni même le sexe absolu, et au demeurant, je me demande ce que ça pourrait bien être si ça existait.
A quoi penses-tu ?
Je pense qu'en 1514, personne n'aurait pu imaginer 1515 Marignan.
A quoi penses-tu ?Je pense que tout à l'heure, j'ai vu, écrit dans la crasse d'une voiture très sale, "Existe également en blanc."
A quoi penses-tu ?Je pense que je suis incapable de résister à une femme à qui je plais, et je m'en moque d'être un type facile.
A quoi penses-tu ?Je pense qu'un mensonge se trahit souvent au fait qu'on le raconte chaque fois avec les mêmes mots.
A quoi penses-tu ?
Je pense que rien n'est sérieux, alors ne viens pas me demander si toi et moi, ça l'est.
A quoi penses-tu ?
Je pense que, non, Mathausen n'est pas un opéra de Wagner.
A quoi penses-tu ?
Je pense que certaines filles maigres comme des clous me rendent marteau.
A quoi penses-tu ?
Je pense que quand je n'ai plus faim, je suis incapable de dire de quoi j'aurai faim lorsque j'aurai faim.
A quoi penses-tu ?
Je pense qu'en roulant sur l'autoroute, on aperçoit de très jolis châteaux, où l'on aimerait bien habiter. Et puis on se rappelle qu'ils sont près de l'autoroute.
A quoi penses-tu ?
Je pense que puisque désormais une personne sur deux que je croise est plus jeune que moi, c'est que je dois être parvenu à la moitié de ma vie.
A quoi penses-tu ?
Je pense que les hommes de paille ont peut-être été un jour des foetus de paille.
A quoi penses-tu ?
Je pense que si le parfum est le plus puissant évocateur de souvenirs, c'est que le nez est plus près du cœur que les yeux.
A quoi penses-tu ?Je pense que personne ne s'étonne de la présence de monologues au théâtre, alors qu'il n'y a tout de même que les dingues qui parlent tout seul.
A quoi penses-tu ?
Je pense que je ne saurais pas faire la différence entre un hermaphrodite et une hermaphrodite.
A quoi penses-tu ?Je pense que le Soleil n'a pas la moindre idée de ce qui se passe sur la Terre, la nuit.
A quoi penses-tu ?
Je pense que ces gens qui décortiquent leurs crevettes et les entassent sur un coin d'assiette pour se décider à les manger quand tout le monde a fini les siennes méritent qu'on leur en vole.
c'est un extrait c'est si drôle!!!
11:43 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
Hervé Le Tellier
INSTRUCTIONS POUR LIRE MES POEMES
pour lire mes poèmes tu dois
être seule au calme dans le presque noir
chaque poème il faut le lire à voix douce lentement
tu dois bien respecter les pauses que le poète a indiquées
il fait son métier de poème le poème
il ne faut pas l’en empêcher
il accomplit sa destinée
alors si écoute bien si
au détour d’un mot d’une rime ou d’un rien
tu perçois quelque chose en toi
qui bouge
une couleur rouge
quelque chose qui fait un peu mal
aussi un petit peu de bien
ne touche à rien n’arrête pas c’est tout à fait normal
le poème fait son travail
tu peux retourner en arrière relire plusieurs fois les mots
le poème est à toi aussi car c’est pour toi qu’on l’a écrit
tu as le droit d’y revenir d’y poser tes silences à toi
mais mais si tu sens qu’il faudrait t’arrêter
parce que ça te remue fort déjà
et qu’il se passe quelque chose à l’intérieur
cette chose dont tu ne voulais pas
il faut pourtant continuer encore et encore et encore
tant pis pour l’eau qui mouille ta joue
laisse lui faire son métier au poème
parce qu’il veut tellement tellement que tu l’aimes
le poème
POUR EN SAVOIR PLUS : http://www.oulipo.net/document.php?id=16295
09:10 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
14.10.2007
si je caressais le temps ?
Si je caressais le temps ! Jouerait-il sous mes doigts, jaillirait-il parfois comme chute de larmes si la roche du mal griffe d’un peu trop près? Dis, s'attarderait-il aux lignes du destin d'une fortune douce, aux veines de la feuille épelant l'émotion quand l'horizon d'iris bleuirait l'arc en ciel, quand les traits de lucioles esquisseraient l'amour? Si je caressais le temps ! Vibrerait-il d'un souffle en coulis sous mon front ? Créerait-il l'embellie aux herbes étendues au cœur des pâturages, et jouerait-il du vent comme d'une guimbarde à travers les déserts? Rirait-il des orages en tonnerres de joie, et deviendrait-il sourd aux hurlements des loups? Baignerait-il les cœurs pour en ôter l'écharde ? Donnerait-il peau douce au chagrin d'un lépreux ? Si je caressais le temps! Fermerait il mes yeux juste un instant plus tard ?
15:20 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature



