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12.09.2007

Phéromones

ffca6534143ebcb7a93b1befd09334d1.jpgJ'étais bizarre ce soir

un peu grise

un peu rose

entre le tendre

très tendre

et le déçu

plutôt

flou

Quand j'ai regardé le film d'amour

sur la une

j'ai vu le rose 

 j'ai respiré  l'odeur de tendre

Dès l'histoire finie

je me suis endormie

Puis réveillée

déçue

Je n'aime pas du tout

cette odeur de cendre grise

J'ai décroché le combiné

pour te parler

Tu me les enverrais bien

ces phéromones roses

à l'odeur de brise tendre

Je saurais

les enfermer jusqu'au matin!

Mais avez vous déjà reçu

la moindre phéromone de n'importe quoi

par un répondeur vous???

Vous êtes en communication avec  le...

Décidément je pars me coucher!!

Rencontre à travers mots

 Chemise soulevée par un soupir qui déborde,

Quelques mots insoumis

silence arraché à son secret.

Eblouissement  qui trébuche sur une erreur 

bégaiement soudain .        

Il  en sort quelques notes en résonance plus fidèle

Miroir où se reflète une vérité  presque nue  impudique 

Flagrance à   traverser  tous les parchemins.

Une évidence folle  démesurée qui

noircit le papier à force de clarté aveuglante,

agressive.

Langage décalé contraire à force d'exactitude .

Provocation insidieuse  pénètrant

dans les échos  reculés

dans la profondeur de l'autre.

 

Frémissement  vibration de cordes profondes

Un autre soupir   en face, vient de répondre.

 

                                                  janvier 2000

07.09.2007

La nef des fous

ca21c56a2d7b8ca92d11162aa6050334.jpgToi,  chouette , tu es seule à me voir alors écoute :

La nuit ouvre tes yeux et j'attendais la nuit.

Tu m'observes et je sais

tu devines

Tu devinais déjà quand tu m'as vu grimper.

Pas très fou  pensais tu  ( ton regard est si large )

Alors pourquoi se perdre dans ce bateau perdu

Saurait-il ?

Oui.   J'avais entendu

Ils ont dit  : " Construisons une nef pour les fous

Envoyons les se perdre vers la Narragonie.

Tous ces clones de rois de seigneurs  prétentieux

Ces ivres de pouvoir ne pensent qu'à leur ventre. "

Et de charger  la nef de poulets, de cerises,

d'alcool , de miel , de gras , de sirops indigestes.

"Ils n'arriveront pas oubliés de l'histoire.

ne pourront que se taire

Leur panse éclatera . "

Moi l'oublié, le pauvre , le maigre , le poète ,

je sens l'odeur du diable

Mais j'avais espéré.

Le moine  en sa capuche,  la religieuse noire

eux sauront résister,  jeûner quand il le faut .

Mais leur tête a brisé son sceau au son des luths

Vois !  Le monde agonise même sur ce bateau

Alors ?

Etre  affamé  et  seul en la Narragonie ?

Seul pour dire, crier , convaincre , raconter ?

Ma voix  est bien trop faible.

Ils ne m'entendront pas , ne pensent qu'au plaisir

leurs yeux  sont égrillards

autre leur gourmandise.

Je voulais leur parler ils ne me voient qu'à peine

sont noyés en  leurs sexes  perdus   au son du luth

Ah loi de chasteté !

Oublies -tu l'interdit , ce moteur du désir ?

Libres sur ce bateau ils ont oublié Dieu .

L'eau est verte.   J'y trouverai  mon espérance

Oui je veux oublier la sombre déchéance.

L'air pue les détritus et les laideurs de l'âme

Les abysses m'appellent et ma mort sera douce

Mes illusions m'embaument et je rêve de bleu

d'eau salée,  de fraîcheur , ablutions salutaires

Allez souris Chouette , tu sais que j'ai raison

Mes cheveux sont trempés,  mon sourire  se noie

 

Adieu .

D’après «La nef des fous »  Jérôme Bosch

06.09.2007

Au fond d'un verre

86a53032a5660799a9fe775e533ccb0e.jpgQuelquefois  tu sais
je voudrais
te trouver au fond de mon verre
Pas comme un glaçon
qui fondrait, trop  vite
non
comme un miroir qui aurait gardé  tes traits,  ton sourire
je te parlerais
dis m'entendrais-tu ?

je bois un second nectar d'espérance
je ferme les yeux    j'entends un murmure
comme une chanson
musique , berceuse
voilà ta présence
illusion silence
et ma tête tourne
je ferme les yeux

j'avais tant envie d'écrire un poème
qui serait un  lien
un  fil de " je t'aime "
qui s'enroulerait    lascif, doucement

me voilà enfin
près de toi  en rêve
je vais m'endormir

et tu seras là

04.09.2007

Rien ne meurt

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L’insecte minuscule

entendait ricocher les  échos d’une eau pure

Etait-ce chant de femme ?

Une voix éraillée

au tréfonds de la tombe

d'une mère éplorée

un torrent de ses larmes ?

Une amante esseulée habitée d'espérance

une fée musicienne

endormie dans la roche ? 

 

Une légende ancienne avait marqué la route

ornière étroite

usée

rétrécie par les ans

Mais rien jamais ne meurt

Chaque poussière est obstacle à franchir

 

02.09.2007

Odeur de lin

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Aime à te faufiler  en points larges et blancs

couture provisoire au lâche fil des jours

au pointillé du songe

qui brode les amours

Aime à bâtir la toile en soutien du fragile

la soie crisse la vie

quand l'âme difficile

cherche l'heure absolue

Aime le  diaphane au parchemin brûlé

son parfum flotte encore

borde le de tes cils

ourle le d'un ruban

de larmes assagies

Un oreiller d'envie s'offre à ton front meurtri

se gonfle de soupirs

et s'enfle la chemise de lin neuf

où palpite un murmure

en  chœur de souvenirs.

 

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