« 2007-07 | Page d'accueil | 2007-09 »

24.08.2007

L'anonyme

 aec78ae283aebc65c8c4afdd238435ec.jpg

Il passait dans le vent

parlait peu écoutait

Ses pas légers  volaient

emportaient des mots tendres

autant de trésors nus

en faisaient des musiques

à chanter aux nuages

 

 

  Son nom  il oubliait

La foudre  l’aveuglait

Au moindre brouhaha

se cachait sous les feuilles

dans les creux des  sentiers

l’aviez vous reconnu 

l’homme de transparence ?

Un simple courant d’air m’a fait me retourner

j’ai aperçu une ombre un chiffre dans les mains

et sur la route  blanche

un promeneur  de moins

 

Reviendra-t-il demain

quand la neige  discrète

amie des feuilles mortes

assourdira les bruits

de crécelles  de bottes 

 

23.08.2007

Comme un pays perdu

8d224e67a1a0d2f3212f61148808cc65.jpg

Plaine immense

à perte de vue

dans des temps reculés

J'y étais retournée

Loin

Si loin de toi

Et pourtant ta présence  insistait lancinante

et je m'y accrochais

J'inventais des  clichés d'iris et de carton

Je mitraillais l'azur

pour garder l'image de cette plaine

ombre d'âme

minuscule

perdue

prisonnière dans cet espace pourtant sans murs

Trois haïku pour l'été

 

f1f83eeec6516a78fd115dc27425c74c.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilage aspergé

sous l'eau fraîche un moucheron

ravi de la douche

***

Bercé par  la brise

caressant et embaumé

le saule en été

***

Trait sur l'arc-en-ciel

lien du bleu à l'indigo –

moustique dans l'eau

18.08.2007

Pour la transhumance d'un mythe

7a93e75473c4cca4c4821722ee43d4f6.gifApprivoiser

Dompter

Capturer

Maîtriser

Hypnose 

 

On attend une charge monumentale

Majestueuse  de conquête ou de séduction

Jeter sans concession tout ce qui n'est pas le symbole

Soulever l'endormi

le guider

doucement

Malgré sa pesanteur lui faire découvrir…

L'apesanteur

Il volerait le bougre !

Suspendu il hésite

Sera-t-il  Taureau Ailé de Darius ?

 

Au sol

mugissements métalliques

L'animal  pétrifié  intrigué s'y laisse prendre

descend doucement

L'homme ému devient manadier  

En toute douceur

les membres  se posent sur le socle,

future demeure,

Enfin  l'odeur fraîche  et familière d'une prairie  

L'animal de pierre se prépare à prendre vie

penché vers le sol , décorné, désarmé,

osera-t-il  fouler ce pré  de son sabot ?  

 

A la faveur de la nuit , peut être

 ( écrit lors de  la mise en place d'une statue dans un jardin )

Lueurs dansantes entre les stores ( essai )

I
Murmure syllabes imprécises rebondissements de radicules ridicules
grincement d'un accroc décrochement résonance du sentier d'absence foulé d'un pas véloce évitement roulade d'un caillou tu trébuches déroule ton film en accéléré horizons enfouis dans une nuit d'éternité fugace passager de l'imprécision aveugle tension d'une lumière absente fuyante vertige tu valses verses le vernis craque
II
Frémissements lézardes émergences soudaines questions résurgentes bégaiements gouailles répétitives l'effluve de l'eau d'esprit plat à l'aurore naissante du paysage de Galice réveille ta soif de bulles tu ne trouves ici qu'Albarino l'aridité du terrain ne peut nourrir la délicatesse du Verdello dommage
III
D'elle deux mots à peine audibles tes cils ont résonné d'un frémissement d'aile rebondissements de danse imperceptible indécence dense de sable indécis d'un repli l'iris se plisse se hisse soumis tu retrouves l'ennui

16.08.2007

Olive Chromos

Je suis né dans un terrain vague.

Vaguement éberlué , je l'avoue .

C'était à cette époque épique  où des hurluberlus avaient  voulu aller explorer la lune.

Ma mémoire  était alors  à l'état d'embryon  ,  mon âge m'importe peu et je suis  paresseux.  Je me vois donc obligé de vous charger  de retrouver  vous même en quelle année .

Je dois vous dire que ma généalogie est composée d'incorrigibles curieux, à l'affût de tous les échos.

Ils prennent pour  satisfaire leur passion des risques fréquents  et  multiples.

Un jour de bise noire ils eurent  vent de l'événement . Leur vint aussitôt  l'irrésistible envie de faire le tour de la terre  Quel visage  pouvaient donc avoir ces curieux,  casse-cou  eux aussi  .

 

Ma mère venait d'avoir vingt ans ,  avait voulu  absolument suivre la famille .  Elle était grande , sportive,  d'une beauté sculpturale.

Elle refusait   pourtant  de porter autre chose que des combinaisons  qui dissimulaient sa peau .  Ses yeux étaient  fragiles  et l'obligeaient à  ne jamais  quitter des lunettes de soleil à la monture  incrustée de pierres semi précieuses.

Mon père était un chinois intrépide  qui s'était aventuré par mégarde  près de notre groupe , attiré par la grande luminosité  des phares.
Contre toute attente ma mère avait été  la plus éblouie ! Conquise,  émerveillée  par cet homme à la peau jaune . Elle  ne le quittait pas des yeux.

Complexée par  la couleur de sa peau ,  elle  avait toujours  beaucoup souffert de ne pas  ressembler à ses frères.. Ah mais  c'est que j'ai oublié de vous préciser que le port de cette combinaison était causé par  ce  grand complexe d'infériorité. Ma mère avait la peau bleue.

 

Elle  se mit immédiatement en tête  d'épouser ce bel asiatique  ou du  moins  le conquérir

Quelques instants lui avaient suffi pour imaginer  sa revanche ! elle  serait  certaine  d'avoir   des bébés à la peau verte !  Elle pourrait faire oublier  son infirmité  ! son regard  perçant  et expressif  , rouge dans la nuit noire avait   mis le visiteur  subjugué immédiatement  à ses pieds

Il était  à sa portée ;  dans tous les sens du terme  . Coup de foudre en festival de couleurs  dès l' aurore naissante …

… C'est un jour ou elle avait entraîné toute la famille  à retourner  à la recherche de son Li  Yang bien aimé pour lui  faire part de son amour éternel et de ses espérances que je suis né  . 

Quand ma pauvre maman trop impatiente  voulut descendre en marche  de la soucoupe, elle fit un faux pas  ce qui provoqua mon arrivée brutale , deux mois trop tôt.

Mais je me présente  :  Olive Chromos, petit  cousin d'E.T ,  Martien pour vous éblouir.

 

14.08.2007

Griseries

Le bleu se grise

et le soleil se tourne

et le soleil se valse au vertige  du vent

L'amour est gris  

On peut naître à la valse

On envoûte la vie au théâtre des eaux

Le vert est blanc il se couvre de neige

et la neige s'éteint

 et le gris se déteint au rouge du visage

aux perles du regard qui se perd

dans la glace ...

Il est si tard ...

Il est trop tard la nuit s'avance ...

Fanée La danse

12.08.2007

Virelai d'aveu d'amour

Virelai je virevolte
Je danse sur ton chemin
Je ramasse ta récolte
et ne lâche pas ta main
Si parfois je me révolte
Virant en un tournemain
Pardonne ma face-volte
Je t'aimerai mieux demain

En virelai virevolte
pour danser l'amour

C'est la vie qui nous emporte
En dépit de ce détour
il faut que ton coeur supporte
puisque c'est toi mon amour
Prends-moi dans la contre-porte
je t'aime pour ton humour
Mon baiser qui te transporte
empêche ton demi-tour

En virelai virevolte
Tu m'aimes d'amour

Toi et moi c'est colle forte
ça fait des jours et des jours
que le fil du temps conforte
nos promesses nos toujours
N'avons pas de feuille morte
et bien peu de contre-jours
Etre deux ça réconforte
J'aime entendre tes bonjours

En virelai virevolte
Nous sommes l'amour.

 

 

 

 

il fait rire aussi ...

 

 

11.08.2007

tue plutôt le temps

Astarté  t'a tenté                                                                                

tu t'es longtemps taté

trop longtemps

Tant , qu'elle a détalé  et t'a asticoté

 

Le temps ça t'attend pas

Ta trotteuse a tourné

T'aurais du te hâter

Tantôt t'as tout tué

Tu tapotes la table

Tout tarabiscoté torturé

Hébété  tu t'étioles

Détends toi 

T'es tarte en automate

Fallait pas barboter autant

Ton Tonton et Tatie

pourtant  t'ont averti

Théotime , t'es battu c'est foutu

c'est bâton pour te battre

Arrête de   t'étaler , détale

Capitule  tu t'empêtres

 

T'as testé 

T'étais trop tatillon

Te tues pas pour autant

Ya tant de  tourterelles

 

Au printemps tu tenteras

de mieux mater  ton  temps

 

à lire à haute voix de préférence

 

10.08.2007

Jean Tardieu -II -

ETAIT CE LE SOLEIL  ?

Il rayonnait hors de l'espace,  -- dans le Temps .

On ne pouvait le voir qu'en fermant les paupières .

On y entrait par un dédale de souvenirs .

On en sortait béants sur l'abîme futur …

 

C'était cet astre fou ce monstre irradiant,

ce puits sempiternel d'horreur et de chaleur

qui hurle dans le ciel au milieu de sa meute,

cet énorme et cruel démon, __ dont le souci

est la croissance des jacinthes .

                                           Jean Tardieu Histoires obscures

 

j'aime la finesse de l'humour de ce poète

Toutes les notes