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24.08.2007
L'anonyme

Il passait dans le vent
parlait peu écoutait
Ses pas légers volaient
emportaient des mots tendres
autant de trésors nus
en faisaient des musiques
à chanter aux nuages
Son nom il oubliait
La foudre l’aveuglait
Au moindre brouhaha
se cachait sous les feuilles
dans les creux des sentiers
l’aviez vous reconnu
l’homme de transparence ?
Un simple courant d’air m’a fait me retourner
j’ai aperçu une ombre un chiffre dans les mains
et sur la route blanche
un promeneur de moins
Reviendra-t-il demain
quand la neige discrète
amie des feuilles mortes
assourdira les bruits
de crécelles de bottes
16:30 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
23.08.2007
Comme un pays perdu

Plaine immense
à perte de vue
dans des temps reculés
J'y étais retournée
Loin
Si loin de toi
Et pourtant ta présence insistait lancinante
et je m'y accrochais
J'inventais des clichés d'iris et de carton
Je mitraillais l'azur
pour garder l'image de cette plaine
ombre d'âme
minuscule
perdue
prisonnière dans cet espace pourtant sans murs
18:15 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
Trois haïku pour l'été
Voilage aspergé
sous l'eau fraîche un moucheron
ravi de la douche
***
Bercé par la brise
caressant et embaumé
le saule en été
***
Trait sur l'arc-en-ciel
lien du bleu à l'indigo –
moustique dans l'eau
10:25 Publié dans HAIKU | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
18.08.2007
Pour la transhumance d'un mythe
Apprivoiser
Dompter
Capturer
Maîtriser
Hypnose
On attend une charge monumentale
Majestueuse de conquête ou de séduction
Jeter sans concession tout ce qui n'est pas le symbole
Soulever l'endormi
le guider
doucement
Malgré sa pesanteur lui faire découvrir…L'apesanteur
Il volerait le bougre !
Suspendu il hésite
Sera-t-il Taureau Ailé de Darius ?
Au sol
mugissements métalliques
L'animal pétrifié intrigué s'y laisse prendre
descend doucement
L'homme ému devient manadierEn toute douceur
les membres se posent sur le socle,
future demeure,
Enfin l'odeur fraîche et familière d'une prairie
L'animal de pierre se prépare à prendre vie
penché vers le sol , décorné, désarmé,
osera-t-il fouler ce pré de son sabot ?
A la faveur de la nuit , peut être
( écrit lors de la mise en place d'une statue dans un jardin )
22:40 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
Lueurs dansantes entre les stores ( essai )
I
Murmure syllabes imprécises rebondissements de radicules ridicules
grincement d'un accroc décrochement résonance du sentier d'absence foulé d'un pas véloce évitement roulade d'un caillou tu trébuches déroule ton film en accéléré horizons enfouis dans une nuit d'éternité fugace passager de l'imprécision aveugle tension d'une lumière absente fuyante vertige tu valses verses le vernis craque
II
Frémissements lézardes émergences soudaines questions résurgentes bégaiements gouailles répétitives l'effluve de l'eau d'esprit plat à l'aurore naissante du paysage de Galice réveille ta soif de bulles tu ne trouves ici qu'Albarino l'aridité du terrain ne peut nourrir la délicatesse du Verdello dommage
III
D'elle deux mots à peine audibles tes cils ont résonné d'un frémissement d'aile rebondissements de danse imperceptible indécence dense de sable indécis d'un repli l'iris se plisse se hisse soumis tu retrouves l'ennui
00:10 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
16.08.2007
Olive Chromos
Je suis né dans un terrain vague.
Vaguement éberlué , je l'avoue .
C'était à cette époque épique où des hurluberlus avaient voulu aller explorer la lune.
Ma mémoire était alors à l'état d'embryon , mon âge m'importe peu et je suis paresseux. Je me vois donc obligé de vous charger de retrouver vous même en quelle année .
Je dois vous dire que ma généalogie est composée d'incorrigibles curieux, à l'affût de tous les échos.
Ils prennent pour satisfaire leur passion des risques fréquents et multiples.
Un jour de bise noire ils eurent vent de l'événement . Leur vint aussitôt l'irrésistible envie de faire le tour de la terre Quel visage pouvaient donc avoir ces curieux, casse-cou eux aussi .
Ma mère venait d'avoir vingt ans , avait voulu absolument suivre la famille . Elle était grande , sportive, d'une beauté sculpturale.
Elle refusait pourtant de porter autre chose que des combinaisons qui dissimulaient sa peau . Ses yeux étaient fragiles et l'obligeaient à ne jamais quitter des lunettes de soleil à la monture incrustée de pierres semi précieuses.
Mon père était un chinois intrépide qui s'était aventuré par mégarde près de notre groupe , attiré par la grande luminosité des phares.
Contre toute attente ma mère avait été la plus éblouie ! Conquise, émerveillée par cet homme à la peau jaune . Elle ne le quittait pas des yeux.
Complexée par la couleur de sa peau , elle avait toujours beaucoup souffert de ne pas ressembler à ses frères.. Ah mais c'est que j'ai oublié de vous préciser que le port de cette combinaison était causé par ce grand complexe d'infériorité. Ma mère avait la peau bleue.
Elle se mit immédiatement en tête d'épouser ce bel asiatique ou du moins le conquérir
Quelques instants lui avaient suffi pour imaginer sa revanche ! elle serait certaine d'avoir des bébés à la peau verte ! Elle pourrait faire oublier son infirmité ! son regard perçant et expressif , rouge dans la nuit noire avait mis le visiteur subjugué immédiatement à ses pieds
Il était à sa portée ; dans tous les sens du terme . Coup de foudre en festival de couleurs dès l' aurore naissante …
… C'est un jour ou elle avait entraîné toute la famille à retourner à la recherche de son Li Yang bien aimé pour lui faire part de son amour éternel et de ses espérances que je suis né .
Quand ma pauvre maman trop impatiente voulut descendre en marche de la soucoupe, elle fit un faux pas ce qui provoqua mon arrivée brutale , deux mois trop tôt.
Mais je me présente : Olive Chromos, petit cousin d'E.T , Martien pour vous éblouir.
13:55 Publié dans nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
14.08.2007
Griseries
Le bleu se grise
et le soleil se tourne
et le soleil se valse au vertige du vent
L'amour est gris
On peut naître à la valse
On envoûte la vie au théâtre des eaux
Le vert est blanc il se couvre de neige
et la neige s'éteint
et le gris se déteint au rouge du visage
aux perles du regard qui se perd
dans la glace ...
Il est si tard ...
Il est trop tard la nuit s'avance ...
Fanée La danse
11:05 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
12.08.2007
Virelai d'aveu d'amour
Virelai je virevolte
Je danse sur ton chemin
Je ramasse ta récolte
et ne lâche pas ta main
Si parfois je me révolte
Virant en un tournemain
Pardonne ma face-volte
Je t'aimerai mieux demain
En virelai virevolte
pour danser l'amour
C'est la vie qui nous emporte
En dépit de ce détour
il faut que ton coeur supporte
puisque c'est toi mon amour
Prends-moi dans la contre-porte
je t'aime pour ton humour
Mon baiser qui te transporte
empêche ton demi-tour
En virelai virevolte
Tu m'aimes d'amour
Toi et moi c'est colle forte
ça fait des jours et des jours
que le fil du temps conforte
nos promesses nos toujours
N'avons pas de feuille morte
et bien peu de contre-jours
Etre deux ça réconforte
J'aime entendre tes bonjours
En virelai virevolte
Nous sommes l'amour.
il fait rire aussi ...
11:15 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
11.08.2007
tue plutôt le temps
Astarté t'a tenté
tu t'es longtemps taté
trop longtemps
Tant , qu'elle a détalé et t'a asticoté
Le temps ça t'attend pas
Ta trotteuse a tourné
T'aurais du te hâter
Tantôt t'as tout tué
Tu tapotes la table
Tout tarabiscoté torturé
Hébété tu t'étioles
Détends toi
T'es tarte en automate
Fallait pas barboter autant
Ton Tonton et Tatie
pourtant t'ont averti
Théotime , t'es battu c'est foutu
c'est bâton pour te battre
Arrête de t'étaler , détale
Capitule tu t'empêtres
T'as testé
T'étais trop tatillon
Te tues pas pour autant
Ya tant de tourterelles
Au printemps tu tenteras
de mieux mater ton temps
à lire à haute voix de préférence
22:55 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature
10.08.2007
Jean Tardieu -II -
Il rayonnait hors de l'espace, -- dans le Temps .
On ne pouvait le voir qu'en fermant les paupières .
On y entrait par un dédale de souvenirs .
On en sortait béants sur l'abîme futur …
C'était cet astre fou ce monstre irradiant,
ce puits sempiternel d'horreur et de chaleur
qui hurle dans le ciel au milieu de sa meute,
cet énorme et cruel démon, __ dont le souci
est la croissance des jacinthes .
Jean Tardieu Histoires obscures
j'aime la finesse de l'humour de ce poète
13:50 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note



