07.11.2009

A......Verse !

chanaz 25.04.2006 003.jpg 

Le ciel sanglote dans un drap  d'anthracite

 

 toits  flous

 vus à travers un regard de chagrins inutiles

 

tout grelotte en clapotis

 

même l'insecte       préfère dormir

           comme

vit  un rêve

 

en camaïeu de verts  tièdes et neufs

06.11.2009

douce simplicité

cerisier 009.jpg

 

 

le bleu s'allonge quelquefois

 

entre deux nuages trop sombres

 

lorsque plus près

érable en feu et cyprès bleu

devisent côte à côte

 

si un rayon vient y danser le toit de la maison s'éclaire

 

c'est ce paysage d'espace

sa banale simplicité

qui me ravit

 

ce matin les moineaux heureux

ont picoré sur la terrasse

 

mes graines 

et mon  sourire

 

ils sont enfantins et joyeux

01.11.2009

Le coeur de la terre

imagesCA4RHJP4.jpg

 

 

Je regarde l'érable

enflammé pour l'automne

purifier la transparence du bleu

 

Et je pense au grand feu

au grand feu qui  se cache en nous

et…

sous nos pas …

 

Nous n'entendrons jamais

le grondement

qui ceinture la terre multicolore

verte des forêts calmes

jaune des sables

et de

tout ce gris  des villes

 

Comme clins d'œil à la fournaise

nous avons même ajouté   lampes et néons

 

Pourtant

 

vivant,

frémissant  bat un cœur

 

comme une orange

 

en secret

 

un cœur immense

 

invisible et oublié 

 

Il se sent  étouffé  

comme le notre en certains jours  il bouscule alors

tout autour de lui

dans un soupir immense

 

et aveugle

 

sa respiration  déchire  un passage 

libére  ses larmes incandescentes

 

ses laves  brûlantes

 

incendiaires

 

Il ne

 

Sait pas qu'il tue

 

il faut bien qu'il

 

Vive …

 

 

 

 

 

 

 

dans les erreurs du vent

Le violon grince 

parfois

dans un fouillis de notes

quand un enfant  s’essaie 

à caresser les cordes

d’un archet maladroit

 

les crins qui s’échappent

se balancent

 

trop légers trop fragiles

 

il faudra bien arriver

à ce que le métronome

 

nomme

tout ce qui crie trop fort

fait

     hurler les

                  dissonances

 

il faudra bien

apprendre dans les erreurs du vent

 

 

26.10.2009

Note grave

 

trio.jpg

Me reste toujours cette brume

lourde  aux paupières

 

et ta silhouette 

 

lointaine

 

Tu  voudrais  devenir une ombre

 

J'entends cette pensée secrète

ce murmure  dans mon  brouillard

d'imaginaire  et d'incertain

 

Que mon oreille s'assourdissse

que mon tympan soit de velours

 

la cloche  d'une note  grave

me martèle 

comme un tocsin

 

réveille l' oiseau endormi

 

tu sais

   

celui qui

 

        s'était cassé l'aile hier

 

et que tu avais recueilli … 

 

 

perle d'enfance

Yonne auxerre et mon pastel 020.jpg

 

"Dès qu'il poussait une porte une nouvelle vie commencait pour lui."

 

Henri Michaux

 

Cette nuit

j'ai avancé la main

hésitante

 

effrayée  peut être

 

il fallait  enfoncer les portes  lointaines

 

J'ai senti le froid métallique  du gris  des nuages

mon doigt a pénétré

insisté

jusqu'à  frôler la première goutte de pluie

 

Elle tremblait comme une larme

m'a raconté en tombant sur  la pierre

 

qu'elle avait été ma première tristesse

 

Elle  était douce

ténue

                  solidifiée

perle d'enfance

 

                        pierre   oubliée

 

Quand j'ai refermé la porte

Je crois que ma maison a secoué sa vie

 

19.10.2009

Les pages non lues d'Evelyne André Giudici

Les pages non lues tourneront d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.
Sous la flamme d’une vieille chandelle, coulant comme les mots qui trouvent un nouveau sens, j’écris.
J’écris que le printemps doucement m’indiffère, que les astres sont à jamais déliés les uns des autres … la pluie était si douce l’hiver …. L’herbe fauchée d’hier ressemble à la vie s’arrachant à elle-même.
Combien de jours à sillonner les chemins endormis de nos rêves, combien de nuits s’éteignent sans un bruit.
Dans ce lieu, froid et vidé d’humanité, il attend … il attend la lueur vêtue d’une robe noire, élégante et légère … si légère …
Dans la morsure du loup qui l’effrite, dans l’océan qui emplit ses alvéoles … il attend … la soif de l’aube au ventre
Aucun regard n’est à cet instant plus profond que le sien, qui ne voit plus, mais qui sait.
Les feuilles au-dehors bruissent lentement, son visage soudain s’est figé.

Rien.
Il n’y a plus rien à dire.
Rien à écrire.
Rien à penser.
Je n’entends plus sa voix
Je ne sens plus sa peau
Rien que le souvenir de ses cheveux encore tièdes
La tiédeur du presque vivant, la tiédeur des matins tant espérés, la tiédeur de la chair qui ne pourra plus répondre …
J’ai vu mon père se vomir comme on extrait l’âme d’une peau
Avec souffrance, avec conscience, sans que j’aie pu rien y faire
Rien ….
Rien …

Les fleuves coulent leurs huiles bleues et brillantes à la façon du pinceau glissant sur la toile
Mon enfant fait des bulles dans le jardin
Le chien aboie
Les jours s’envolent comme les oiseaux des arbres

Rien
Il ne se passe rien
Rien ne revient
Les saisons s’abandonnent

Et ces pages non lues qui tournent d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.

 

http://ultraviolette.over-blog.com/ 

08.10.2009

69ème ÉDITION FRANCOPOLIS



Revue octobre 2009

Responsable de cette revue: Ali Iken
Conception des pages web: Gertrude Millaire

Auteurs sélectionnés par le Comité Francopolis :
Hafsa Saifi, Nadjet Tabouri, Luc-André Rey et Jéromine Beauvoisin
http://www.francopolis.net/vostextes.htm

***
Au Salon de lecture

http://www.francopolis.net/salon.html
*
nous recevons Juliette Guerreiro

http://www.francopolis.net/salon/Guerreiro-Salonoctobre09.html


+++++

- À consulter nos rubriques et publications spéciales de ce mois-ci

ANNONCES SPÉCIALES

*
Une nouveauté sur Francopolis.
Une anthologie-papier :
Anthologie Poétique / Francopolis 2008-2009
en gestation. Une belle brochette de 80 auteurs à s’offrir pour les festivités de fin d’année.
Plus de détail ici :
http://www.francopolis.net/liens/annonces.htm

***
Créaphonie

http://www.francopolis.net/creaphonie.htm

*
Sculptures accompagnées de textes  de Raymond Warren, sculpteur québécois
recherche Gertrude Millaire
http://www.francopolis.net/creaphonie/creaphonie-octobre2009.html



***
Rubrique Humeur

http://www.francopolis.net/humeur.htm
*
Pensées de Guillevic, recherche Serge Maisonnier
http://www.francopolis.net/humeurs/pensees-octobre2009.html
*
Billet d’humeur:

Brèves de conversations I - MARCEL et GEORGES par Michel Ostertag
http://www.francopolis.net/humeurs/Ostertag-octobre2009.html


***
Conte et Chanson

http://www.francopolis.net/chansons.htm
*
Poème pour ma mère de Aile ~ Louise Dostie

http://www.francopolis.net/chansons/ConteDostie-octobre2009.html


***
FrancoSemailles

http://www.francopolis.net/francosemailles.htm
*
La poésie  par André Chenet

http://www.francopolis.net/francosemailles/Chenet-octobre2009.html


***
Langue en web

http://www.francopolis.net/langue.htm

*
Le long des sentiers de Patrice Parhal...(lecture et voix)

recherche Kelig Nicolas
http://www.francopolis.net/langue/Parhal-octobre2009.html


***
Vie-Poète

http://www.francopolis.net/Vie-Poete.htm
*
André Laude par André Chenet

http://www.francopolis.net/Vie-Poete/Laude-octobre09.html

***
Vue de Francophonie

http://www.francopolis.net/vues.htm
*
Visage et Regard : de l’ontologique au poétique par Khadija Outoulount,
Relation Épistolaire par Archibal Michiels - Épisode I -
recherche Hélène Soris
http://www.francopolis.net/librairie/RomanEpistolaire1.html


***
bienvenus dans notre forum
http://177897.aceboard.fr/


N’oubliez pas de nous laisser vos impressions sur notre livre d'or.
http://books.dreambook.com/francopolis/main.html


Vous trouverez la présentation de chacun des auteurs publiés sur
Francopolis dans les archives
http://www.francopolis.net/librairie/vostextesarchive.htm

Pour participer et envoyer des textes, voyez les directives de notre comité.
http://www.francopolis.net/comite.htm

***
Vous pouvez également nous envoyer vos propositions
d’articles, aphorismes, créaphonie, notes de lecture, contes, etc. 
à cette adresse:
contact@francopolis.net
et voir la procédure sur comité: 
http://www.francopolis.net/comite.htm


L'équipe de Francopolis

28.09.2009

une prose poétique d'Archibald Michiels

Yonne auxerre et mon pastel 044.jpg

C'était une après-midi d'octobre. La lumière dessinait d'un trait précis mais doux, rendait à chaque couleur ce qu'un esprit plus hardi eût appelé son essence. Son chemin vint à donner dans une clairière. Il comprit bientôt qu'il avait maintenant le pouvoir de créer cette clairière, même s'il ne l'eût pas vue. Pouvait y faire passer une biche, inquiète ou pas, comme bon il l'entendait. La clairière recevrait la douceur en don de la lumière, et la biche s'approcherait, si seulement il l'appelait de son nom.

Il ne le fit pas. Il était sage d'user d'un tel pouvoir avec parcimonie. Question de ne pas se retrouver avec quelque chose de trop rempli. Un dessin trop achevé où il n'y aurait plus place pour une ligne nouvelle.

24.09.2009

Poesie japonaise

POESIE JAPONAISe

D'HIER ET D'AUJOURD'HUi

 

Avec

Hélène SORIS

Annie et Masaaki SHIBATA

 

Vendredi 25 septembre 2009

20 heures 30

 

 

MAISON  DE  LA POESIE

Passage de la Cathédrale – ANNECY

 

Entrée libre

 

 

 

Réservation : 04.50.51.41.83 (répondeur)

 

09.09.2009

le collectif tout neuf de francopolis

Vous pouvez  rejoindre des  actifs et des auteurs de francopolis sur face book

http://www.facebook.com/topic.php?topic=10449&post=46...

05.09.2009

francopolis édition de septembre en ligne

http://www.francopolis.net/

http://www.francopolis.net/vostextes.htm

 

et quantité d'autres liens  bonne découverte

02.09.2009

Yves Heurté

yvesheurte.jpg

XVI

 

Où cours-tu ?

Ni le châle infini du vent

ni le temps qui s'ébouole

ne se donnent au passant.

 

Quand tu te lèveras

après les jeux du sexe

le désert n'aura pas changé

la moindre de ses pierres.

 

L'absolu n'est ici d'aucune politesse.

La mort ne repeint pas ses lèvres

aux fleurs des citronelles.

 

 

Où cours-tu ?

 

 

" Je vais .

            Tout marcheur est un lieu d'amour …"

 

                        XXI

 

Il descendit la chaîne de mots

Au fond dupuits un choc étrange

Dieu buvait .

 

Extraits  de " Carnet Tibétain " (Rougerie )

 

 

L'enfant, l'oiseau

 

Un enfant assis sur les ruines

ne pleure plus.

Il tient l'oiseau tué par balle

perdue.

Au ciel, il y avait bien plus de balles

que d'oiseaux.

 

Deux ombres

 

         Il est à Hiroshima un pignon noirci où se

découpent encore les formes en blanc de deux

amants.  Elle semblait  tenir une ombrelle,  lui

une  casquette  d'ouvrier.  Leurs lèvres allaient

se rejoindre  quand la bombe…

        Ils  furent  faits   cendre  en  plein  baiser,

laissant   au  mur  son    négatif,   comme   ces

plaques argentées où d'anciens photographes

amaient fixer l'histoire.

Dans  la gueule d'ombres  (Editinter)

 

http://yves.heurte.free.fr/

 

 

 

 

 

26.08.2009

Archibald Michiels

Connaissez-vous Archibald Michiels ?

Pourquoi ne vous en ai-je jamais parlé !! . Depuis plusieurs années je  clique  de temps en temps pour relire un de ses articles passionnants,

Dernièrement je me suis aperçue qu'il avait  copié  le contenu de plusieurs de ses recueils.

J'ai lu un peu … je lui ai écrit … Il m'a parlé de ses lecteurs .. supposés  et m'a envoyé ceci :

 

 

Ah, ces fameux dix lecteurs (ou lectrices?) . Les revoici:

 

*Comptine*

 

Je dis /un/ -

puisqu'on m’assure

que Dieu l’est

 

Je dis /deux/

bien… ce que j’en pense

(vous aussi n'est-ce pas?)

 

Je dis /trois/

toi et ton air !

(vous repasserez)

 

Je dis /quatre/

à quatre -

- aux escaliers -

(fidèle à leur esprit)

 

Je dis /cinq/

cinq roses qui font bouquet

devant un sourire

(c’est pas joli, ça ?)

 

Je dis /six/

six sur six à ne pas rester

sur le fil

(je parle d’hirondelles

lors que s’achève l’été)

 

Je dis /sept/

nains lieues jours…

faut-il que toute la semaine y passe ?

 

Je dis /huit/

n’est qu’un chiffre

faut savoir lire

l’infini qui se cache en travers

 

Je dis /neuf/

toujours nouveau le neuf

(on rapporte que même les nouvelles

le resteraient si pas à pas

nul ne les colportait).

 

Je dis /dix/

dix qui disent qu'ils me lisent

c'est eux qui comptent

(moi je ne compte pas)

 

 

Et je vous confie aussi  celui-ci  parce que quelques uns des visiteurs de ce blog savent qu'on m'appelle quelquefois " la fourmi "  comme le faisait  le regretté poète  Yves Heurté   dont je vous copierai bientôt  quelques poèmes


Un poème ça démarre aussi, comme ça,
du plaisir de voir une fourmi
escalader une boule de terre sèche ;
puis ça part aussi, comme ça,
dans tous les sens,
un peu nulle part un peu partout ;
mais obstiné,
comme la fourmi -
essayez seulement, pour voir,
de la, de le, dévier.

Et ça s’arrête aussi, comme ça,
de l’autre côté de la terre -
je veux dire de la boule de terre ;
gentiment, comme déposé,
sans chute, léger
comme une fourmi.

 

Et voilà les liens vers deux recueils  :

 

http://promethee.philo.ulg.ac.be/engdep1/download/perso/t...

 

http://promethee.philo.ulg.ac.be/engdep1/download/perso/t...

 

07.08.2009

Jean Roger CAUSSIMON

http://www.youtube.com/watch?v=kNMqz2uuy7E

un coffret de deux DVD  durée  4h 45 pour retrouver un chanteur poète de talent

qui méritait  bien plus d'honneurs

06.08.2009

Les vagues

croisière croatie slovenie + trier 015.jpg

Les vagues

pures de passion 

emporteront–elles  bien  loin

tous ces détritus sur la plage?

Et le sable

aura-t-il ces rides  qui me rendent parfois  ton front

 

Le vent

me rendra-t-il ta voix

et cet étang 

où je lavais toutes mes peines

 

Cet arbre

enfante-t-il en lui

le cœur des nœuds de cette table 

où j'apaisais mes solitudes

 

Le ciel s'est éteint aujourd'hui

Il est peut être bleu pour toi ?

 

Je ne pense qu'à ce tableau

que tu regardes chaque jour

 

La mer des larmes 

 

 

19.07.2009

Intrusion

iles grecques SANTORIN 1.jpg

 

Je chausserai mes espadrilles de sept lieues

Aucun bruit pour ouvrir 

le portail  qui grince  à ton mystère

 

Je déchirerai toiles et poussières

chasserai le plus minuscule moucheron

ferai taire

la guêpe 

…et le corbeau 

 

J'ordonnerai à l'ouragan 

de souffler

sur les cumulus

abandonnés  par les derniers orages

 

Grande ouverte la baie

appellera l'aurore

une lumière  douce 

sur un bourgeon tout neuf

attirera  l'oiseau sur  cette branche basse

 

et tu voudras l'atteindre

 

IL  t'accompagnera 

 

 fugue de tes silences

17.07.2009

LES OISEAUX

 

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Nous n'avions qu'un ciel en partage
il a incendié nos jours
pour quelques lambeaux de nuages
nous avons fait la guerre
là où s'amusent les oiseaux

 

nous avons tenté d'arrimer le bleu
au noir de l'oeil
et les oiseaux se sont mis à crier
ils se sont enfuis

 

nous avons tant et tant
jeté la pierre au vent
qu'il s'est tu
et les arbres ont péri sous le poids
de leurs propres feuilles

 

                       Christian Andersen

13.07.2009

Parfois lire .. aussi

un poème de Jacques ANCET

cueilli sur son blog

 http://www.blogg.org/blog-55642.html

( Lumière des jours : mes liens à gauche)

 

chant XII


Tu te dis qu’il faut se dépêcher, qu’il faut garder
ce qui peut l’être encore, un après-midi de mars
par exemple, avec un ciel gris et des primevères,
un marché, peut-être aussi, comme il y a longtemps ,
la lumière, les cris, les odeurs et ce silence
où tout soudain s’arrête sans pourtant s’arrêter,
mais tu vois chaque visage, chaque geste figé
dans l’éclat d’un instant suspendu, une explosion
immobile qu’on entend partout dans la douceur
de l’heure qui sonne, le roucoulement des pigeons,
sous les paroles, les sourires, les mains serrées,
tu te dis qu’est-ce qu’on peut faire, la vie continue,
mais la vie c’est quoi au juste quand tout vole en éclat,
sang, débris, corps, bouches qui s’ouvrent sans se fermer,
photos, discours, le poudroiement, dit-il, la fumée,
le siècle commence dans la haine et la fureur,
sirènes hurlements, une minute de silence,
les voix s’étranglent, les yeux s’enfoncent dans les yeux,
plus rien n’en sort que des morceaux, des débris de vie,
le chœur bêle en temps réel, une peur en images,
elle n’a aucun et à la fois tous les visages
comment lui échapper, déconecte-toi, dit-il,
ouvre toutes les fenêtres et pars sur les chemins,
mais en reste-t-il qui ne mènent pas au pire,
tais-toi et marche, fait-il encore, ou reste là,
peu importe, l’interstice seul te sauvera,
cet entre-deux qui ne brille sur aucun écran
mais là, tout près, dans cet espace entre la clôture
et le chêne, quelque chose comme une embrasure
tu dis là, regarde, mais elle s’est refermée,
n’en reste qu’une lueur instantanée, un mot
qui tremble sous son sens, moins, un souffle sur les lèvres,
les choses ont repris leur place, versé dans les yeux
le plein de leurs images sais-tu ce que tu cherches,
le jour brille sur le cendrier d’étain, la porte
interdit de voir qu’il n’y a jamais rien à voir,
que tout est là sans y être, visage, fenêtre,
tu marches mais tu n’as plus de jambes, tu tends des mains
sans doigts, les phrases ont perdu leurs bouches, tu ne sais plus
que l’évidence sans profondeur d’un paysage
arrêté comme dans l’attente de ce regard
il ne le reconnaîtrait plus puisqu’il aurait soudain
traversé tout son savoir, puisqu’il toucherait sans voir
et dans sa vue éprouverait le toucher du monde,
sa profondeur perdue, mais aujourd’hui le jour tombe
quand il se lève, un brouillard de voix couvre les yeux,
un désordre de branches, tracteurs, tronçonneuses, haches
racourcissent le paysage, le temps n’est plus
ce qu’il était, tu pries quand tu ne peux plus penser,
tu dis ce que tu peux non ce que tu veux, tu baves,
tu n’as plus un mot à toi, tous les mots sont aux autres,
ils vous les ôtent de la bouche, tu es sans voix,
sans autre certitude que le fil du présent
où tu avances en équilibre fixant un point,
une image invisible et son éclair sous les yeux,
pendant ce temps, poudre bleue, nuages et primevères
font un nouveau printemps qu'on voudrait bien te gâcher
OMC, PNB, PIB, PAF, ONU, COGEMA,
terrorisme, mésanges, élections, les arbres en fleurs
et malgré l'angoisse le corps marche à la rencontre
de la lumière comme pour la première fois
ou est-ce la première fois qui vient vers lui,
à chaque pas le premier pas, même si tu tombes
tu te relèves, soleil, pluie, cliquetis des doigts
sur un clavier et le livre abandonné, repris,
qu’y cherches-tu que jamais tu ne pourras trouver,
que tu trouveras tout de même mais sans savoir
et toute une vie à ce jeu, perdue ou gagnée,
perdue et gagnée, avec à chaque jour l’espoir
d’en arrêter le jour, ce vertige sans issue
où en aveugle une fois de plus tu recommences
mais qui tu, et quel visage dans tous ces visages
qui s’avance, tu crois le reconnaître à cette voix
sortie de sa bouche, tu écoutes chaque syllabe,
tu vas comprendre, tu comprends un instant, tu oublies
et c’est de ça que tu te souviens, de cet éclat
où soudain toutes les lumières se réunissent,
toutes les poussières, où chaque chose est autre chose,
et autre chose la même chose, l’identité
est un puits noir, rien n’y est identique, tu vois
en sortir des images, des formes, des contours,
tu dis, je tu on, on tu je, je tu, ou tu on,
jours, gestes, corps font un fleuve de reflets, ils dansent,
se touchent, se perdent, tu dis voilà, c’est la vie

05.07.2009

contre-nuit

 

L’ombre danse.   Il n’y a plus rien

Que le vent qui s’élance

                             Pierre Reverdy

 

 

  Branches nues dans les flaques

un insecte effrayé se terre

pourtant

les parfums de la nuit grisent la vie de leur mystère

 

Un pas résonne

l’amant  rejoint une fille de rue

en fredonnant

 

Claque un volet

dans une fugue  avec la bise

la pluie  siffle une mélodie

fuite des feuilles  et percussions

 

clin d’œil

de la lune  qui danse  

Minuit

 

 

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