07.11.2009
A......Verse !
Le ciel sanglote dans un drap d'anthracite
toits flous
vus à travers un regard de chagrins inutiles
tout grelotte en clapotis
même l'insecte préfère dormir
comme
vit un rêve
en camaïeu de verts tièdes et neufs
10:23 Publié dans carnet de ciels | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
06.11.2009
douce simplicité

le bleu s'allonge quelquefois
entre deux nuages trop sombres
lorsque plus près
érable en feu et cyprès bleu
devisent côte à côte
si un rayon vient y danser le toit de la maison s'éclaire
c'est ce paysage d'espace
sa banale simplicité
qui me ravit
ce matin les moineaux heureux
ont picoré sur la terrasse
mes graines
et mon sourire
ils sont enfantins et joyeux
12:01 Publié dans carnet de ciels | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
01.11.2009
Le coeur de la terre

Je regarde l'érable
enflammé pour l'automne
purifier la transparence du bleu
Et je pense au grand feu
au grand feu qui se cache en nous
et…
sous nos pas …
Nous n'entendrons jamais
le grondement
qui ceinture la terre multicolore
verte des forêts calmes
jaune des sables
et de
tout ce gris des villes
Comme clins d'œil à la fournaise
nous avons même ajouté lampes et néons
Pourtant
vivant,
frémissant bat un cœur
comme une orange
en secret
un cœur immense
invisible et oublié
Il se sent étouffé
comme le notre en certains jours il bouscule alors
tout autour de lui
dans un soupir immense
et aveugle
sa respiration déchire un passage
libére ses larmes incandescentes
ses laves brûlantes
incendiaires
Il ne
Sait pas qu'il tue
il faut bien qu'il
Vive …
22:42 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
dans les erreurs du vent
Le violon grince
parfois
dans un fouillis de notes
quand un enfant s’essaie
à caresser les cordes
d’un archet maladroit
les crins qui s’échappent
se balancent
trop légers trop fragiles
il faudra bien arriver
à ce que le métronome
nomme
tout ce qui crie trop fort
fait
hurler les
dissonances
il faudra bien
apprendre dans les erreurs du vent
01:15 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
26.10.2009
Note grave

Me reste toujours cette brume
lourde aux paupières
et ta silhouette
lointaine
Tu voudrais devenir une ombre
J'entends cette pensée secrète
ce murmure dans mon brouillard
d'imaginaire et d'incertain
Que mon oreille s'assourdissse
que mon tympan soit de velours
la cloche d'une note grave
me martèle
comme un tocsin
réveille l' oiseau endormi
tu sais
celui qui
s'était cassé l'aile hier
et que tu avais recueilli …
23:33 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie;litterature
perle d'enfance

"Dès qu'il poussait une porte une nouvelle vie commencait pour lui."
Henri Michaux
Cette nuit
j'ai avancé la main
hésitante
effrayée peut être
il fallait enfoncer les portes lointaines
J'ai senti le froid métallique du gris des nuages
mon doigt a pénétré
insisté
jusqu'à frôler la première goutte de pluie
Elle tremblait comme une larme
m'a raconté en tombant sur la pierre
qu'elle avait été ma première tristesse
Elle était douce
ténue
solidifiée
perle d'enfance
pierre oubliée
Quand j'ai refermé la porte
Je crois que ma maison a secoué sa vie
05:10 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
19.10.2009
Les pages non lues d'Evelyne André Giudici
Les pages non lues tourneront d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.
Sous la flamme d’une vieille chandelle, coulant comme les mots qui trouvent un nouveau sens, j’écris.
J’écris que le printemps doucement m’indiffère, que les astres sont à jamais déliés les uns des autres … la pluie était si douce l’hiver …. L’herbe fauchée d’hier ressemble à la vie s’arrachant à elle-même.
Combien de jours à sillonner les chemins endormis de nos rêves, combien de nuits s’éteignent sans un bruit.
Dans ce lieu, froid et vidé d’humanité, il attend … il attend la lueur vêtue d’une robe noire, élégante et légère … si légère …
Dans la morsure du loup qui l’effrite, dans l’océan qui emplit ses alvéoles … il attend … la soif de l’aube au ventre
Aucun regard n’est à cet instant plus profond que le sien, qui ne voit plus, mais qui sait.
Les feuilles au-dehors bruissent lentement, son visage soudain s’est figé.
Rien.
Il n’y a plus rien à dire.
Rien à écrire.
Rien à penser.
Je n’entends plus sa voix
Je ne sens plus sa peau
Rien que le souvenir de ses cheveux encore tièdes
La tiédeur du presque vivant, la tiédeur des matins tant espérés, la tiédeur de la chair qui ne pourra plus répondre …
J’ai vu mon père se vomir comme on extrait l’âme d’une peau
Avec souffrance, avec conscience, sans que j’aie pu rien y faire
Rien ….
Rien …
Les fleuves coulent leurs huiles bleues et brillantes à la façon du pinceau glissant sur la toile
Mon enfant fait des bulles dans le jardin
Le chien aboie
Les jours s’envolent comme les oiseaux des arbres
Rien
Il ne se passe rien
Rien ne revient
Les saisons s’abandonnent
Et ces pages non lues qui tournent d’elles-mêmes au hasard du vent ou de la brume, qui emporte tout.
11:28 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
08.10.2009
69ème ÉDITION FRANCOPOLIS
Revue octobre 2009
Responsable de cette revue: Ali Iken
Conception des pages web: Gertrude Millaire
Auteurs sélectionnés par le Comité Francopolis :
Hafsa Saifi, Nadjet Tabouri, Luc-André Rey et Jéromine Beauvoisin
http://www.francopo
***
Au Salon de lecture
http://www.francopo
*
nous recevons Juliette Guerreiro
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+++++
- À consulter nos rubriques et publications spéciales de ce mois-ci
ANNONCES SPÉCIALES
*
Une nouveauté sur Francopolis.
Une anthologie-papier : Anthologie Poétique / Francopolis 2008-2009
en gestation. Une belle brochette de 80 auteurs à s’offrir pour les festivités de fin d’année.
Plus de détail ici : http://www.francopo
***
Créaphonie
http://www.francopo
*
Sculptures accompagnées de textes de Raymond Warren, sculpteur québécois
recherche Gertrude Millaire
http://www.francopo
***
Rubrique Humeur
http://www.francopo
*
Pensées de Guillevic, recherche Serge Maisonnier
http://www.francopo
*
Billet d’humeur:
Brèves de conversations I - MARCEL et GEORGES par Michel Ostertag
http://www.francopo
***
Conte et Chanson
http://www.francopo
*
Poème pour ma mère de Aile ~ Louise Dostie
http://www.francopo
***
FrancoSemailles
http://www.francopo
*
La poésie par André Chenet
http://www.francopo
***
Langue en web
http://www.francopo
*
Le long des sentiers de Patrice Parhal...(lecture et voix)
recherche Kelig Nicolas
http://www.francopo
***
Vie-Poète
http://www.francopo
*
André Laude par André Chenet
http://www.francopo
***
Vue de Francophonie
http://www.francopo
*
Visage et Regard : de l’ontologique au poétique par Khadija Outoulount,
http://www.francopo
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Suivre un auteur
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Roman à suivre:
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bienvenus dans notre forum
http://177897.
N’oubliez pas de nous laisser vos impressions sur notre livre d'or.
http://books.
Vous trouverez la présentation de chacun des auteurs publiés sur
Francopolis dans les archives
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Pour participer et envoyer des textes, voyez les directives de notre comité.
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Vous pouvez également nous envoyer vos propositions
à cette adresse: contact@francopolis
et voir la procédure sur comité:
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L'équipe de Francopolis
09:04 Publié dans message | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, arts
28.09.2009
une prose poétique d'Archibald Michiels

C'était une après-midi d'octobre. La lumière dessinait d'un trait précis mais doux, rendait à chaque couleur ce qu'un esprit plus hardi eût appelé son essence. Son chemin vint à donner dans une clairière. Il comprit bientôt qu'il avait maintenant le pouvoir de créer cette clairière, même s'il ne l'eût pas vue. Pouvait y faire passer une biche, inquiète ou pas, comme bon il l'entendait. La clairière recevrait la douceur en don de la lumière, et la biche s'approcherait, si seulement il l'appelait de son nom.
Il ne le fit pas. Il était sage d'user d'un tel pouvoir avec parcimonie. Question de ne pas se retrouver avec quelque chose de trop rempli. Un dessin trop achevé où il n'y aurait plus place pour une ligne nouvelle.
16:02 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
24.09.2009
Poesie japonaise
POESIE JAPONAISe
D'HIER ET D'AUJOURD'HUi
Avec
Hélène SORIS
Annie et Masaaki SHIBATA
Vendredi 25 septembre 2009
20 heures 30
MAISON DE LA POESIE
Passage de la Cathédrale – ANNECY
Entrée libre
Réservation : 04.50.51.41.83 (répondeur)
12:19 Publié dans message | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
09.09.2009
le collectif tout neuf de francopolis
Vous pouvez rejoindre des actifs et des auteurs de francopolis sur face book
19:07 Publié dans message | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, arts
05.09.2009
francopolis édition de septembre en ligne
21:16 Publié dans message | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, images, peinture, etc
02.09.2009
Yves Heurté

XVI
Où cours-tu ?
Ni le châle infini du vent
ni le temps qui s'ébouole
ne se donnent au passant.
Quand tu te lèveras
après les jeux du sexe
le désert n'aura pas changé
la moindre de ses pierres.
L'absolu n'est ici d'aucune politesse.
La mort ne repeint pas ses lèvres
aux fleurs des citronelles.
Où cours-tu ?
" Je vais .
Tout marcheur est un lieu d'amour …"
XXI
Il descendit la chaîne de mots
Au fond dupuits un choc étrange
Dieu buvait .
Extraits de " Carnet Tibétain " (Rougerie )
L'enfant, l'oiseau
Un enfant assis sur les ruines
ne pleure plus.
Il tient l'oiseau tué par balle
perdue.
Au ciel, il y avait bien plus de balles
que d'oiseaux.
Deux ombres
Il est à Hiroshima un pignon noirci où se
découpent encore les formes en blanc de deux
amants. Elle semblait tenir une ombrelle, lui
une casquette d'ouvrier. Leurs lèvres allaient
se rejoindre quand la bombe…
Ils furent faits cendre en plein baiser,
laissant au mur son négatif, comme ces
plaques argentées où d'anciens photographes
amaient fixer l'histoire.
Dans la gueule d'ombres (Editinter)
10:35 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature, poèmes, theatre
26.08.2009
Archibald Michiels
Connaissez-vous Archibald Michiels ?
Pourquoi ne vous en ai-je jamais parlé !! . Depuis plusieurs années je clique de temps en temps pour relire un de ses articles passionnants,
Dernièrement je me suis aperçue qu'il avait copié le contenu de plusieurs de ses recueils.
J'ai lu un peu … je lui ai écrit … Il m'a parlé de ses lecteurs .. supposés et m'a envoyé ceci :
Ah, ces fameux dix lecteurs (ou lectrices?) . Les revoici:
*Comptine*
Je dis /un/ -
puisqu'on m’assure
que Dieu l’est
Je dis /deux/
bien… ce que j’en pense
(vous aussi n'est-ce pas?)
Je dis /trois/
toi et ton air !
(vous repasserez)
Je dis /quatre/
à quatre -
- aux escaliers -
(fidèle à leur esprit)
Je dis /cinq/
cinq roses qui font bouquet
devant un sourire
(c’est pas joli, ça ?)
Je dis /six/
six sur six à ne pas rester
sur le fil
(je parle d’hirondelles
lors que s’achève l’été)
Je dis /sept/
nains lieues jours…
faut-il que toute la semaine y passe ?
Je dis /huit/
n’est qu’un chiffre
faut savoir lire
l’infini qui se cache en travers
Je dis /neuf/
toujours nouveau le neuf
(on rapporte que même les nouvelles
le resteraient si pas à pas
nul ne les colportait).
Je dis /dix/
dix qui disent qu'ils me lisent
c'est eux qui comptent
(moi je ne compte pas)
Et je vous confie aussi celui-ci parce que quelques uns des visiteurs de ce blog savent qu'on m'appelle quelquefois " la fourmi " comme le faisait le regretté poète Yves Heurté dont je vous copierai bientôt quelques poèmes
Un poème ça démarre aussi, comme ça,
du plaisir de voir une fourmi
escalader une boule de terre sèche ;
puis ça part aussi, comme ça,
dans tous les sens,
un peu nulle part un peu partout ;
mais obstiné,
comme la fourmi -
essayez seulement, pour voir,
de la, de le, dévier.
Et ça s’arrête aussi, comme ça,
de l’autre côté de la terre -
je veux dire de la boule de terre ;
gentiment, comme déposé,
sans chute, léger
comme une fourmi.
Et voilà les liens vers deux recueils :
http://promethee.philo.ulg.ac.be/engdep1/download/perso/t...
http://promethee.philo.ulg.ac.be/engdep1/download/perso/t...
09:43 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature, philosophie
07.08.2009
Jean Roger CAUSSIMON
http://www.youtube.com/watch?v=kNMqz2uuy7E
un coffret de deux DVD durée 4h 45 pour retrouver un chanteur poète de talent
qui méritait bien plus d'honneurs
09:35 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poesie, littérature, chanson
06.08.2009
Les vagues

Les vagues
pures de passion
emporteront–elles bien loin
tous ces détritus sur la plage?
Et le sable
aura-t-il ces rides qui me rendent parfois ton front
Le vent
me rendra-t-il ta voix
et cet étang
où je lavais toutes mes peines
Cet arbre
enfante-t-il en lui
le cœur des nœuds de cette table
où j'apaisais mes solitudes
Le ciel s'est éteint aujourd'hui
Il est peut être bleu pour toi ?
Je ne pense qu'à ce tableau
que tu regardes chaque jour
La mer des larmes
11:38 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : poesie, literature, poemes
19.07.2009
Intrusion

Je chausserai mes espadrilles de sept lieues
Aucun bruit pour ouvrir
le portail qui grince à ton mystère
Je déchirerai toiles et poussières
chasserai le plus minuscule moucheron
ferai taire
la guêpe
…et le corbeau
J'ordonnerai à l'ouragan
de souffler
sur les cumulus
abandonnés par les derniers orages
Grande ouverte la baie
appellera l'aurore
une lumière douce
sur un bourgeon tout neuf
attirera l'oiseau sur cette branche basse
et tu voudras l'atteindre
IL t'accompagnera
fugue de tes silences
18:45 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poesie;litterature;chansons;poemes
17.07.2009
LES OISEAUX

Nous n'avions qu'un ciel en partage
il a incendié nos jours
pour quelques lambeaux de nuages
nous avons fait la guerre
là où s'amusent les oiseaux
nous avons tenté d'arrimer le bleu
au noir de l'oeil
et les oiseaux se sont mis à crier
ils se sont enfuis
nous avons tant et tant
jeté la pierre au vent
qu'il s'est tu
et les arbres ont péri sous le poids
de leurs propres feuilles
Christian Andersen
15:30 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature, chansons;poemes
13.07.2009
Parfois lire .. aussi
un poème de Jacques ANCET
cueilli sur son blog
http://www.blogg.org/blog-55642.html
( Lumière des jours : mes liens à gauche)
chant XII
Tu te dis qu’il faut se dépêcher, qu’il faut garder
ce qui peut l’être encore, un après-midi de mars
par exemple, avec un ciel gris et des primevères,
un marché, peut-être aussi, comme il y a longtemps ,
la lumière, les cris, les odeurs et ce silence
où tout soudain s’arrête sans pourtant s’arrêter,
mais tu vois chaque visage, chaque geste figé
dans l’éclat d’un instant suspendu, une explosion
immobile qu’on entend partout dans la douceur
de l’heure qui sonne, le roucoulement des pigeons,
sous les paroles, les sourires, les mains serrées,
tu te dis qu’est-ce qu’on peut faire, la vie continue,
mais la vie c’est quoi au juste quand tout vole en éclat,
sang, débris, corps, bouches qui s’ouvrent sans se fermer,
photos, discours, le poudroiement, dit-il, la fumée,
le siècle commence dans la haine et la fureur,
sirènes hurlements, une minute de silence,
les voix s’étranglent, les yeux s’enfoncent dans les yeux,
plus rien n’en sort que des morceaux, des débris de vie,
le chœur bêle en temps réel, une peur en images,
elle n’a aucun et à la fois tous les visages
comment lui échapper, déconecte-toi, dit-il,
ouvre toutes les fenêtres et pars sur les chemins,
mais en reste-t-il qui ne mènent pas au pire,
tais-toi et marche, fait-il encore, ou reste là,
peu importe, l’interstice seul te sauvera,
cet entre-deux qui ne brille sur aucun écran
mais là, tout près, dans cet espace entre la clôture
et le chêne, quelque chose comme une embrasure
tu dis là, regarde, mais elle s’est refermée,
n’en reste qu’une lueur instantanée, un mot
qui tremble sous son sens, moins, un souffle sur les lèvres,
les choses ont repris leur place, versé dans les yeux
le plein de leurs images sais-tu ce que tu cherches,
le jour brille sur le cendrier d’étain, la porte
interdit de voir qu’il n’y a jamais rien à voir,
que tout est là sans y être, visage, fenêtre,
tu marches mais tu n’as plus de jambes, tu tends des mains
sans doigts, les phrases ont perdu leurs bouches, tu ne sais plus
que l’évidence sans profondeur d’un paysage
arrêté comme dans l’attente de ce regard
il ne le reconnaîtrait plus puisqu’il aurait soudain
traversé tout son savoir, puisqu’il toucherait sans voir
et dans sa vue éprouverait le toucher du monde,
sa profondeur perdue, mais aujourd’hui le jour tombe
quand il se lève, un brouillard de voix couvre les yeux,
un désordre de branches, tracteurs, tronçonneuses, haches
racourcissent le paysage, le temps n’est plus
ce qu’il était, tu pries quand tu ne peux plus penser,
tu dis ce que tu peux non ce que tu veux, tu baves,
tu n’as plus un mot à toi, tous les mots sont aux autres,
ils vous les ôtent de la bouche, tu es sans voix,
sans autre certitude que le fil du présent
où tu avances en équilibre fixant un point,
une image invisible et son éclair sous les yeux,
pendant ce temps, poudre bleue, nuages et primevères
font un nouveau printemps qu'on voudrait bien te gâcher
OMC, PNB, PIB, PAF, ONU, COGEMA,
terrorisme, mésanges, élections, les arbres en fleurs
et malgré l'angoisse le corps marche à la rencontre
de la lumière comme pour la première fois
ou est-ce la première fois qui vient vers lui,
à chaque pas le premier pas, même si tu tombes
tu te relèves, soleil, pluie, cliquetis des doigts
sur un clavier et le livre abandonné, repris,
qu’y cherches-tu que jamais tu ne pourras trouver,
que tu trouveras tout de même mais sans savoir
et toute une vie à ce jeu, perdue ou gagnée,
perdue et gagnée, avec à chaque jour l’espoir
d’en arrêter le jour, ce vertige sans issue
où en aveugle une fois de plus tu recommences
mais qui tu, et quel visage dans tous ces visages
qui s’avance, tu crois le reconnaître à cette voix
sortie de sa bouche, tu écoutes chaque syllabe,
tu vas comprendre, tu comprends un instant, tu oublies
et c’est de ça que tu te souviens, de cet éclat
où soudain toutes les lumières se réunissent,
toutes les poussières, où chaque chose est autre chose,
et autre chose la même chose, l’identité
est un puits noir, rien n’y est identique, tu vois
en sortir des images, des formes, des contours,
tu dis, je tu on, on tu je, je tu, ou tu on,
jours, gestes, corps font un fleuve de reflets, ils dansent,
se touchent, se perdent, tu dis voilà, c’est la vie
09:35 Publié dans mes coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poesie, litterature
05.07.2009
contre-nuit
L’ombre danse. Il n’y a plus rien
Que le vent qui s’élance
Pierre Reverdy
Branches nues dans les flaques
un insecte effrayé se terre
pourtant
les parfums de la nuit grisent la vie de leur mystère
Un pas résonne
l’amant rejoint une fille de rue
en fredonnant
Claque un volet
dans une fugue avec la bise
la pluie siffle une mélodie
fuite des feuilles et percussions
clin d’œil
de la lune qui danse
Minuit

17:22 Publié dans mes textes | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : ôesie, litterature, images



